30 ans (10 ans de thérapie) – Nora Hamzawi

J’inaugure une nouvelle section de mon blog qui s’intitule “ces livres qui …”  avec celui de Nora Hamzawi que je classe d’emblée dans ces livres qui nous font rire et nous enlèvent nos complexes.

Nora Hamzawi, vous savez c’est cette humoriste qui écrit des chroniques délirantes dans Grazia (magazine que je ne lis malheureusement pas) et qu’on entend surtout sur France Inter dans “la drôle d’humeur de NH” (à écouter en podcast si vous ne connaissez pas encore !! Clignement d'œil)

Alors quand Nora s’allonge sur le divan d’un psy et se livre à un peu d’introspection, ça donne un bouquin et même un bon bouquin, très drôle !

30 ans 10 ans de thérapie - Nora Hamzawi

 

Et oui ! on peut avoir tout juste 30 ans (et une frange dont on ne veut pas se séparer) et avoir déjà 10 ans de thérapie derrière soi (soit plus que d’expérience professionnelle) sans pour autant cesser de s’interroger sur pourquoi-l’adulte-qu’on-aurait-dû devenir-n’a-toujours-pas-intégré-notre-corps.

 Comme à chaque fois que je déménage, j’ai l’image de moi, plus adulte, plus grande, plus femme, dans un appartement de “dame” avec des moulures, des géraniums, un appartement surtout très propres et très bien rangé.

Ces images, ce sont celles que j’avais déjà plus jeune quand je me projetais. Quand j’imaginais qu’en grandissant on devenait ordonné, qu’en grandissant on devenait sûr de soi, et qu’en grandissant on gagnait le super-pouvoir d’avoir la main verte. Si j’avais su à l’époque que, quinze ans après, je fantasmerais toujours sur cette femme et sur cet appartement. Comme si le fait de devenir adulte n’était pas encore venu pour moi.

Au départ, je voulais prendre mon temps. Je m’étais dit que je lirais 1 ou 2 chapitres par soir, histoire de faire durer le plaisir et puis zut ! je n’ai pas pu résister, j’ai tout englouti, c’est si bon de rire ! Parce que j’ai franchement ri, surtout sur la deuxième partie du livre.

On retrouve l’esprit d’autodérision mordant de Nora qui dissèque des tranches de la vie quotidienne, relevant les absurdités et contradictions qui nous habitent tous. Comment ne pas se reconnaître dans cette trentenaire angoissée qui oscille entre excitation et état pro-dépressif, boulimie irraisonnée et régime express, proximité et distance et épuise autant qu’elle est attachante, brandissant comme un étendard ses questions existentielles, ses rapports compliqués avec sa mère et la bouffe du Mc Do, ses névroses, ses bizarreries, ses obsessions, sa paranoïa et son hypocondrie ?

Alors on se retrouve avec elle à compulser les résultats de ses recherches sur Doctissimo pour diagnostiquer dramatiquement des maux qui ne disent pas leur nom ou pour tenter de se rassurer sur l’état de son chat qui vomit. On surveille sa boite mail en attendant un futur mail de reconquête d’un ex qui ne vient jamais et on redécouvre l’un de ses navrants mails adressé en plein chagrin d’amour …

Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, la partie la plus pathétique du mail n’est pas la plus embarrassante, non, la gêne commence bien avant, dès le premier mot du mail « Hey! ».
Je ne sais pas si c’est le « hey » lui-même qui est le plus embarrassant, ou le fait qu’il soit immédiatement suivi de la phrase suivante: « Bon bah toujours pas de nouvelles… ». S’il devait exister une figure de style qui consisterait à retirer toute dignité à un être humain, ça serait celle-ci, celle qui consiste à apposer une interjection anglo-saxonne légère à un état d’attente et de désespoir.

On parle de la vraie vie, celle où il y a des ruptures amoureuses, des magasins bio, les enfants des autres qu’il faut supporter, des séances chez le psy qu’il faut assumer ou pas, l’espoir irraisonné de découvrir l’existence de produits miracle, un régime préhistorique (comprendre paléo), les WE barbeuc, le bronzage crevette, des ado qui révisent le bac, des adultes qui prennent des photos du ciel pour poster sur Instagram (ouf ! jamais fait !), des repas de famille, des listes de Noël à faire ou encore des soirées où l’on se demande comment avoir l’air cool alors que l’on se sent complètement à côté de la plaque… Nora ne manque pas d’inspiration et le champ de ses réflexions intérieures ne connait pas de limites, le tout émaillé de petites phrases cultissimes :

“Ah Bah c’est simple, le barbecue c’est le seul moment où tu verras des mecs se battre pour s’occuper de la bouffe”

“Bon le vélo risque d’être pourri mais c’est comme les études, ça sert à rien de payer une tonne quand on sait que tu es un cancre.”

“T’imagines si Mme Néanderthal rencontrait ma pote, elle dirait, mais qu’est ce qu’elle a cette bouffonne à s’enfiler des steaks et des baies? Elle lui foutrait un bon coup de massue, elle piquerait son portable et commanderait un taxi direction un bon resto.”

A noter les illustrations d’Anna Wanda Gogusey qui apportent un vrai plus en ponctuant les différentes chroniques.

Attention ! Certaines chroniques ont cependant déjà été publiées dans Grazia ou diffusées sur France Inter, mais il y a beaucoup d’inédits également, et le tout est aggloméré en une sorte de journal intime cohérent et suivi. A aucun moment j’ai eu l’impression de redite comme ça a pu être le cas avec d’autres ouvrages de chroniqueurs.

Je vous mets une de ses chroniques que vous retrouverez dans le livre pour vous donner un avant- goût …


Nora Hamzawi : « hypocondriaque. » par franceinter

 

Mais le mieux c’est de la lire avant de vous jeter sur ses vidéos, car ce bouquin est un vrai booster de moral, un pied de nez à la morosité ambiante mais aussi à ses propres névroses ou démons Clignement d'œil

 

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