Faites votre 180°- Emmanuelle Piquet

J’avoue que l’idée de faire l’inverse des solutions appliquées jusque là j’y croyais moyen moyen … mais j’ai un grand principe auquel je tente de me tenir : celui de toujours lire ou tester quelque chose avant de déclarer que ça n’a aucun intérêt.

Parfois c’est une perte de temps et parfois beaucoup moins, donc je m’accroche à celui-ci.

Très curieusement et par le plus grand des hasards, il se trouve que j’ai lu ce livre quasiment simultanément avec le roman de Nathalie Kuperman “Je suis le genre de fille” qui parlait justement d’une femme qui refusait de se soumettre à ces diverses injonctions dont on est assailli, notamment celle du bonheur. Et qui décidait précisément de faire l’inverse tout en réalisant que le résultat obtenu n’était absolument pas satisfaisant non plus.

Faire son 180° c’est justement prendre le contrepied des injonctions paradoxales ou non qui nous contrôlent ou qui nous sont imposées de l’extérieur sans que l’on sache comment s’en défaire efficacement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été complètement bluffée par les pistes de résolution que ce livre propose.

Faites votre 180 - Emmanuelle Piquet

Ce qui nous affecte le plus, ce sont les relations avec les autres !

Pas de secret, nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d’être reconnus, d’être intégrés dans des communautés humaines qui nous reconnaissent comme des leurs, nous avons besoin de partager, d’avoir des vrais amis, d’être aimé … Or quand on a du mal à établir des relations satisfaisantes avec les autres, on souffre et chacun l’exprime à sa manière. Quelqu’un qui est bien dans sa peau, ne cherche jamais à blesser les autres, à en dire du mal, à créer des conflits …

C’est pour ça que je trouve intéressant tous les ouvrages/ méthodes qui s’intéressent à réparer la relation, car on règle du même coup beaucoup de problématiques et de comportements addictifs ou dysfonctionnants dès lors qu’on arrive à rétablir une relation satisfaisante avec les autres de celui qui en souffre.

 

Qu’est ce que l’Ecole de Palo Alto ?

La singularité de cette approche , c’est qu’au lieu de considérer que c’est l’individu qui a un problème qu’il faut soigner, il est considéré que c’est sa représentation de la réalité qui est dysfonctionnelle. Et ça change TOUT car l’individu n’est plus enfermé dans une pathologie mais souffre juste “d’un problème de réglage”.

On estime qu’il n’existe pas une réalité unique mais plusieurs réalités puisque chaque individu crée la sienne et celle-ci est alors fonctionnelle ou dysfonctionnelle. En corrigeant la perception de cette réalité chez l’individu, ce qui le faisait souffrir et créait un problème, celui-ci disparait naturellement. Cette école s’intéresse aux relations à soi (confiance en soi) et relations aux autres.

Du coup cette approche permet d’améliorer beaucoup de problématiques : celles que l’on retrouve dans les milieux du travail (burn out, conflits…), des troubles du comportements, les comportements addictifs … J’avoue que lorsque j’ai vu la liste des problèmes que l’on peut régler grâce à cette approche, je me suis dit que ça méritait quand même de s’y intéresser.

Alors comment

“L’idée maitresse étant qu’il s’agit plutôt d’influencer que de convaincre. Indirectement je vais proposer à mes patients de mettre en œuvre un certain nombre de comportements qui pourront leur paraitre bizarres, mais , comme ils l’ont constaté eux-mêmes jusqu’à maintenant, toutes les manœuvres de bon sens semblent avoir échoué.

Par un effet boule de neige souvent très impressionnant par sa rapidité et par son efficacité, la simple modification d’un simple comportement, mais soigneusement sélectionnée comme porteuse du meilleur ratio effort-résultat, va générer un changement radical et définitif. En un temps court.

L’outil de résolution de problème issu du modèle de Palo Alto est par nature paradoxal puisqu’il va s’agir, pour que la souffrance s’apaise, de renoncer à ce qui jusqu’à présent vous paraissait logique, parfois vital: un comportement de bon sens.”

 

  • Il faut donc d’abord identifier le problème, celui-ci est à distinguer de la simple difficulté. Le problème est quelque chose qui fait souffrir.
  • Ensuite il va falloir voir comment celui-ci fonctionne du point de vue des interactions entre les individus. Quelle injonction s’est mise place lors de toutes les tentatives de régulation.

Contrairement à d’autres approches, on ne va pas chercher pourquoi il y a problème car les explications appartiennent aux problèmes et pas aux solutions, mais comment il se met en place.

Le thérapeute peut donc prescrire le problème pour pouvoir l’observer ou demander au patient de réfléchir à toutes les raisons qui pourraient justifier de ne pas avoir à régler ce problème afin de prendre une décision en connaissance de cause ou encore amplifier certaines émotions ou prescrire le symptôme … le but de tout ceci étant de débrancher les situations de contrôle … en cessant de lutter contre , le problème, le symptôme perdent de leur intensité et s’éteint.

Mais la première question préalable est : Etes-vous encore prêt à faire des choses pour que le problème soit résolu ?

Pour illustrer tout ceci, l’auteure présente tous un tas d’exemples de patients traités avec cette thérapie brève de façon à nous aider non seulement à comprendre la logique de celle-ci mais peut-être aussi de trouver le problème qui est le notre ou celui de la personne que l’on veut aider. Dans tous les cas, il n’existe pas de thérapie type, il faut sans cesse s’adapter aux situations qui font souffrir.

Ce que j’en pense

Je l’ai dit, j’étais assez dubitative avant de comprendre les mécanismes de cette thérapie et de réaliser que si j’ai réussi à me défaire de certains de mes comportements dysfonctionnels (j’ai longtemps été boulimique), c’est précisément lorsque j’ai renoncé à vouloir exercer ma volonté pour contrôler ma consommation alimentaire. L’injonction de cesser de manger excessivement n’existant plus, le comportement avait naturellement disparu, mon alimentation était redevenu normale . J’avais attribué ce changement au fait que j’avais dû grandir et que j’étais peut-être moins stressée, je viens juste de comprendre à la lecture de ce livre qu’en acceptant de lâcher prise, j’avais supprimé ce qui maintenait le problème.

Il y a bien sûr “une petite voix” qui me murmure que c’est trop beau pour être vrai et puis c’est tellement idiot d’avoir souffert d’un problème autant d’années alors qu’une thérapie aussi simple aurait pu y mettre fin en quelques semaines… Mais je sais aussi qu’en matière humaine, il suffit  de peu de chose pour faire basculer les choses du mauvais ou du bon côté. Nous sommes fait à la fois d’une extrême fragilité et d’une énorme force et nous ne sommes absolument pas conscient et vigilant sur ce qui conditionne l’un ou l’autre. Ce que nous révèle ce livre est, à mon sens, extraordinaire, car il nous donne des clés pour mieux vivre et pour aider ceux que l’on aime. On ne devrait jamais cesser d’apprendre sur soi, sur notre manière de fonctionner comme êtres humains. C’est tellement une source d’épanouissement de savoir qu’on a des ressources pour affronter et dénouer tout ce qui nous pose problème et vivre mieux avec soi-même mais aussi les uns avec les autres !

Je suis d’autant plus enthousiaste que je partage complètement cette idée que de déclarer quelqu’un “malade” est le meilleur moyen pour l’enfermer aussitôt dans une soi-disant pathologie dont il va avoir le plus grand mal ensuite à se débarrasser car on inscrit durablement dans son cerveau l’idée de quelque chose qui le définit et l’emprisonne malgré lui alors qu’on peut y remédier très simplement. Les mots des autres nous définissent malgré nous et peuvent alors devenir selon le cas des prisons ou des fenêtres.

Bref ! Vous l’avez compris ! Ce modèle de Palo Alto me passionne complètement, je n’ai ni fini de l’expérimenter, ni de vous en parler car je compte bien aller plus loin !

Je mets ♥♥♥♥♥  car c’est une lecture indispensable à mon sens et en plus, je ne vous cache pas que j’ai énormément ri à la lecture des différents cas. Emmanuelle Piquet a le don de dédramatiser les situations les plus difficiles et déjà rien que cela, fait un bien fou ! Sourire

 

 

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3 thoughts on “Faites votre 180°- Emmanuelle Piquet

    1. Ahaha J’admire cet enthousiasme mais peut-être que tu peux en acheter un et essayer d’aider les autres avec. Je crois que c’est plus simple à mettre en oeuvre dans ce sens que de l’appliquer pour soi-même 🙂

      1. Je l’ai lu et je connais certaines personnes pour qui il sera très instructif, effectivement pour aider quelqu’un de leur entourage. Je suis d’accord sur le fait qu’il est plus facile d’aider les autres que soi-même mais n’etant pas psy, je préfère laisser les autres voir par eux-mêmes si ça peut les aider quitte à en discuter apres. En tout cas je trouve le procédé très intéressant. Merci

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