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	<title>amour Archives - Livres à lire ♥ Emma Power</title>
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	<description>Éveillez votre potentiel, un livre à la fois – Votre coach littéraire pour grandir.</description>
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		<title>La solitude des nombres premiers &#8211; Paolo Giordano</title>
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		<pubDate>Thu, 28 May 2026 21:58:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce titre en 3 mots :  Adolescence/ Solitude/ Mélancolique &#160;   Avant de partir en vacances, j’avais terminé ce premier roman de Paolo Giordano “la solitude des nombres premiers”, et j’ai profité de disposer d’un peu de temps libre pour avancer sur mes chroniques. Encore un roman que j’ai découvert sur les étagères de mon bouquiniste sétois . Je n’aurais malheureusement pas le temps d’y retourner cette année avant le mois de septembre, je vais donc me consoler avec l’idée que d’ici là j&#8217;aurais le temps de faire des économies pour lui acheter beaucoup, beaucoup, beaucoup de livres … Bref ! Revenons à notre roman.   ☆ Résumé de “La solitude des nombres premiers” de Paolo Giordano &#160; Alice boite. Depuis cet accident de ski provoqué par un père autoritaire qui voulait la pousser au-delà de ses limites, elle avance dans la vie avec cette différence visible qui nourrit son mal-être et son anorexie. Mattia, lui, est un enfant surdoué, enfermé dans une intelligence qui le coupe des autres. Mais surtout, il porte un secret irréparable, une blessure si profonde qu’il choisit très tôt de se tenir à distance du monde. Lorsqu’ils se rencontrent au lycée, ils se reconnaissent immédiatement. Ce sont deux êtres à part, deux solitudes qui se comprennent instinctivement. La nature de leur lien devient évident pour tous… sauf pour eux-mêmes. Les années passent et les séparent physiquement : Mattia part à l’étranger et Alice tente de se construire une vie, mais leur lien persiste malgré le temps, la distance et … les rendez-vous manqués. &#160; &#160; ☆Pourquoi lire ce livre &#x2728; Parce qu’il parle magnifiquement de l’exclusion et de la différence Tous ceux qui se sont sentis “à part” pendant l’enfance ou l’adolescence s’y reconnaîtront. &#x2728; Parce qu’il explore avec justesse les blessures invisibles Le roman montre comment les traumatismes continuent à façonner nos vies bien longtemps après les événements. &#x2728; Parce que c’est une histoire d’amour bouleversante L’existence d’un lien fort, évident, mais empêché par les blessures de chacun et la vie qui prend le dessus.   ☆ Mon avis en quelques lignes   Très rapidement je me suis beaucoup identifiée à Alice, dont l&#8217;adolescence partage beaucoup de traits communs avec la mienne. Son père autoritaire, cette sensation d’être inhibée par l’enfance, son anorexie, puis cet accident qui la laisse physiquement différente… tout cela crée chez elle un sentiment d’exclusion très fort. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs aussi beaucoup pensé au dernier roman d&#8217;Olivier bourdeaut  « Une histoire d&#8217;amour et de violence ». Mattia, lui, est différent mais autrement. C’est un enfant surdoué, profondément seul, marqué par une faute qu’il estime irréparable. Là où Alice subit sa solitude, Mattia semble presque la rechercher, comme s’il refusait d’appartenir à ce monde. Ce qui est très beau dans ce roman, c’est leur rencontre. Ils se reconnaissent immédiatement parce qu’ils parlent le même langage intérieur : celui des êtres blessés. Leur amour saute aux yeux des autres, mais eux restent incapables de franchir le pas. Et c’est ce qui rend leur relation si poignante. Le titre du roman est d’ailleurs magnifique et très révélateur. Les nombres premiers sont des nombres divisibles uniquement par eux-mêmes et par un. Et parmi eux existent les « nombres premiers jumeaux » : des nombres extrêmement proches mais séparés malgré tout par un chiffre qui les empêche de se rejoindre complètement. Alice et Mattia sont exactement cela. Deux êtres faits pour se comprendre, presque faits l’un pour l’autre… mais incapables de réellement se rencontrer.     Je crois que beaucoup de lecteurs pourront se retrouver dans ce roman parce qu’il offre une forme de réconfort étrange : celui de comprendre que notre différence, notre solitude ou nos blessures ne font pas forcément de nous des êtres “anormaux”. En parlant de ce livre avec une amie, elle m&#8217;a confiée qu&#8217;elle l&#8217;avait beaucoup aimé pour les mêmes raisons que moi. Il lui donnait le sentiment que la solitude subie, le fait de se sentir « différente » n&#8217;est finalement pas si anormal : « Je me suis dit alors c&#8217;est ça ! Moi aussi je suis un nombre premier ». &#160; Personnellement, j’aime énormément les romans sur l’adolescence &#8211; probablement parce que je ne l’ai jamais complètement quittée puisque c&#8217;est le lieu de beaucoup de mes blessures. Et j’aime aussi ces liens indestructibles, ces relations “toi et moi contre le monde entier”. Ce roman avait donc tout pour me toucher. Pourtant ce que j’ai ressenti est aussi ambivalent. Une part de moi avait envie de secouer Alice et Mattia, de les voir dépasser leurs blessures au lieu d’en rester prisonniers. Néanmoins je sais aussi &#8211; en tant que coach &#8211; qu’il est toujours plus facile de parler de ce qu&#8217;il faudrait faire que de parvenir à le faire. Nos biais adorent nous leurrer et nous faire croire que nous avons su les dépasser mais la réalité est souvent toute autre. Les traumatismes nous enferment dans le passé, dans le moment exact où ils se sont produits. et on ne les dépasse pas simplement parce qu’on “veut vivre”. La plupart du temps il faut passer par un véritable travail de guérison, et parfois il s&#8217;agit même du travail d&#8217;une vie. Je crois d’ailleurs que c’est précisément ce que Paolo Giordano cherche à montrer : combien il est difficile d’échapper à certaines blessures… et combien il est parfois impossible de rattraper un rendez-vous manqué, parce qu’entre-temps la vie continue et entraîne chacun d&#8217;entre nous ailleurs. Cependant, j&#8217;émettrais une petite critique car malgré tout ce que ce roman rapporte de juste et de profondément humain, il lui manque peut-être une forme de chaleur émotionnelle. C’est assez étrange, car les blessures d’Alice et Mattia devraient naturellement nous attacher à eux, mais j’ai souvent eu l’impression de rester en marge du récit, comme tenue à distance des personnages et de leurs émotions. C’est probablement aussi ce qui rend le roman si particulier : cette froideur, cette incapacité à réellement se rejoindre, même pour le lecteur. Quant à l’adaptation cinématographique &#8211; que j’ai essayé de regarder après ma lecture en me disant qu&#8217;elle serait peut-être mieux que le roman-  je l’ai trouvée encore plus froide que celui-ci. J’ai d’ailleurs fini par abandonner avant la fin.  Il n&#8217;empêche, « La solitude des nombres premiers » reste un roman très émouvant et juste. En bref : un roman profondément mélancolique et humain sur les blessures de l’enfance, la solitude et ces amours impossibles qui nous accompagnent toute une vie. &#160; Il l&#8217;avait appris : les choix se font en l&#8217;espace de quelques secondes et se paient le reste du temps.    À qui conseiller ce livre ? À ceux qui aiment les romans sur l’adolescence. Aux lecteurs sensibles aux histoires d’amour empêchées. À ceux qui se sont sentis exclus ou différents dans leur jeunesse.   ☆ Quelques mots sur l’auteur   Paolo Giordano est est un écrivain italien et docteur en physique théorique. Avec “La solitude des nombres premiers”, son premier roman publié en 2008, il connaît un immense succès international et remporte le prestigieux prix Strega. Son œuvre explore souvent les failles humaines, la solitude et les blessures invisibles. &#160; ☆ A lire aussi – idées lecture &#160; L’amour ouf – Neville Thompson – Un autre roman devenu mythique sur l’adolescence. Vous pouvez  trouver ma chronique ici. Nos rendez-vous – Eliette Abécassis : Un roman sur les rendez-vous manqués, qui montre comment la vie emporte dans des directions différentes deux personnes qui s’aiment mais qui n’ont pas su se le dire à temps. Le corps n’oublie rien – Bessel van der Kolk : Pour comprendre comment les traumatismes et ce que nous vivons dans l’enfance, nous affectent autant dans notre vie que dans notre corps. &#160; ☆☆☆ Connaissiez-vous ce livre ?     Rejoignez les 3000 abonnés de ma newsletter &#x2728; Un email privé tous les 15 jours + votre guide offert &#x1f4da;         “Les 5 étapes pour transformer votre vie grâce aux livres de développement personnel” &#160; → Un rendez-vous bimensuel pour cheminer, lecture après lecture, vers une transformation intérieure profonde. S&#8217;abonner Loading&#8230; S&#8217;abonner Loading&#8230; Thank you! You have successfully joined our subscriber list.</p>
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		<title>Camille et Merveille &#8211; Ludovic Roubaudi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jan 2019 18:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Roman poétique et fantasque sur l’amour, les relations parents-enfants, le poids du doute. Déconcertant et absolument irrésistible. Thème : Roman d’amour, manipulation, mensonge, doute, calomnie, parents/enfants, silence, secrets, inceste, parole. &#160; &#160; Résumé de l’éditeur &#160; Quand il ne vend pas des couteaux à huître sur des foires, et qu’il ne discute pas avec Nadège, la vendeuse d’égouttoirs, Camille cherche à réconcilier ses deux voisins qui se haïssent : Mme Fillolit, vieille dame acariâtre, d’origine espagnole, et Dlahba, le maçon slave et bougon. Lorsqu’il rencontre Merveille devant leur porte, son cœur chavire, sa vie bascule. Qui est vraiment cette jeune femme ? Un épais mystère l’entoure. Camille et Nadège enquêtent. Les voilà soudain accusés des pires crimes et menacés. Le mystère sera-t-il levé ? Les secrets de famille déterrés ? De foire en foire, de Lille à Arles ou Montpellier en passant par la Bretagne, Camille et Nadège tentent d’en savoir plus sur la très troublante et très énigmatique Merveille. S’instaure alors un climat digne d’un sombre thriller que vient percer la lumière d’un amour absolu.   2 adjectifs qui résument le livre &#160; Fantaisiste : Le contexte et le ton donné à cette histoire qui pourrait être sombre et lourde lui donne un côté poétique et léger Emouvant : car cette histoire fait ressortir l’humanité des personnages et leurs failles et puis c’est une belle histoire d’amour. &#160; Ce que j’en pense &#160; Déjà rien que le titre et la splendide couverture, absolument réussie, des éditions Folio ont suffit à me faire chavirer. Je n’avais jamais entendu parler ni de ce livre, ni de l’auteur et je n’ai pas hésité une minute à le prendre. Et je ne regrette pas car j’ai eu un vrai coup de cœur pour cette histoire. Je vous plante le déco : il donne une idée de comment débute cette histoire folle dont on se demande dans un premier temps où elle va bien pouvoir nous mener. Les personnages sont truculents et vivent dans des constructions ubuesques dans la cour d’un immeuble et se détestent. Camille quant à lui, loge d’ailleurs, dans le garage à vélos. Et puis, surgit Merveilleuse, une jeune femme splendide qui semble tout ce qu’il y a de plus normal. Camille en tombe irrémédiablement amoureux. C’est le début d’une belle histoire d’amour mais aussi des ennuis. Car qui est-elle ? Est-elle la femme merveilleuse dont il est tombé amoureux ou cette diabolique manipulatrice que lui dépeignent ses propres parents ? &#160; « S&#8217;il avait osé une question ! Si elle avait eu le courage d&#8217;un aveu, ils auraient pu se préparer, jamais le passé n&#8217;aurait pu réclamer son dû aussi facilement. Le silence c&#8217;est un carton posé sur un rocher au milieu de la route. Ça le camoufle mais n&#8217;empêche pas la calandre de la voiture qui le heurte de s&#8217;y briser. Une histoire doit être plate à son commencement. Comme une feuille blanche posée sur une table de verre. Sans crevasses invisibles, sans cloques que le stylo réveille. Le passé doit être dit pour ne pas avoir à être découvert par la suite. » &#160; Parce qu’il y a pire que la simple calomnie, il y a celle qui émane de ceux qui sont justement censés nous protéger du pire : nos propres parents. Et c’est bien pour cette raison, que c’est d’autant plus troublant. Et c’est là toute l’habileté de l’auteur, parce que chaque personnage peut être à la fois merveilleux et irréprochable ou révéler de nombreuses zones d’ombre. Il n’y a pas de fumée sans feu or dans cette histoire au final, il peut y avoir le feu chez chaque personnage. Comment Camille peut-il s’y retrouver ? Même Nadège, sa meilleure amie qui tente de se cantonner à un raisonnement cartésien et de s’en tenir aux faits, ne parvient pas à y voir plus clair que lui. “A quoi reconnaît-on une manipulatrice ? A sa formidable capacité à être indétectable.” &#160; « Elle jouait sous le jour comme le vent dans les feuilles grises t vertes de l&#8217;olivier du fond du jardin. Elle ne marchait pas, elle naviguait des hanches et ses pas si souples frôlaient à peine le sol. Était-il possible de posséder autant de grâce et d&#8217;élégance sur un cœur noir ? » &#160; Tout le monde a toujours quelque chose à cacher et c’est bien le problème. Selon l’angle de vue que l’on adopte sur les évènements, on peut les interpréter de la manière différente : à charge ou à décharge. Impossible pour Camille de démêler le vrai du faux, que peut-il faire ? Suivre ses sentiments, laisser le doute de côté puisque rien n’est avéré et se dire on verra bien puisqu’il est impossible de trancher ? J’ai adoré ce texte bien mené, où se mêle amour, tendresse, poésie, fantaisie, légèreté, et suspense. C’est léger à lire comme une bulle et pourtant beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Ce texte aborde des questions comme la question de la difficulté d’établir une vérité qu’il s’agisse de la parole des enfants tout comme celle des adultes, du poids du doute et du silence dans une relation et de ce que cela abime, mais aussi des relations compliqués entre parents et enfants (Camille et sa famille ne sont pas en reste) et la question de l&#8217;emprise amoureuse. On y trouve aussi des anecdotes amusantes comme sur l’hymne national anglais “God save the Queen” ou encore, j’ai découvert ce qu’est la langue des oiseaux : cette manière très particulière de donner du sens aux lettres, aux mots ou aux phrases, qui nous parle du monde, du sens tel que notre inconscient le perçoit (ex Mer-veille). En tout cas, Ludovic  Roubaudi aime les mots mais ne comptez pas sur lui pour vous donner les clés de cette histoire. Il vous laissera vous débrouiller pour y mettre vos mots ou maux, car le monde est toujours tel qu’on le perçoit à travers son propre filtre. Bilan : Un livre à lire si vous aimez les jolies histoires fantaisistes et poétiques et si vous avez envie de vous changer les idées tout en gardant les pieds sur terre. J’ai adoré ! &#x2665;&#x2665;&#x2665;         &#160;</p>
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		<title>La fin de la solitude &#8211; Benedict Wells</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Sep 2017 06:56:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Attention petite pépite littéraire ! &#x2665;&#x2665;&#x2665; Je suis tellement heureuse d’avoir eu le plaisir de découvrir ce magnifique roman du jeune prodige de la littérature allemande, Benedict Wells. Un premier livre à 23 ans mais pas encore traduit en français &#8211; ce qui ne saurait tarder &#8211; et puis celui-ci, énorme succès de l’autre côté du Rhin. On pourrait penser qu’il n’y a aucune raison particulière pour qu’un roman allemand vienne bousculer notre prolifique littérature française, surtout en cette riche rentrée littéraire et pourtant … Ce livre est un petit bijou. &#160; Pitch sur « La fin de la solitude » de Benedict Wells &#160; La vie est-elle vraiment un jeu sans gagnant ni perdant ?  &#160; « La vie n&#8217;est pas un jeu sans gagnant ni perdant. Elle ne nous doit rien et les choses arrivent comme ça. Parfois c&#8217;est juste et tout a un sens, et parfois tellement injuste qu&#8217;on doute de tout. J&#8217;ai arraché son masque au destin, et, en dessous, je n&#8217;ai trouvé que le hasard. » &#160; Dans la famille Moreau, allemande mais française par le père, les 3 enfants, Marty, Liz et Jules sont aussi dissemblables dans leur caractère que d’âges différents. En fait, ils n’ont rien en commun. Marty est un bûcheur solitaire et sombre au physique ingrat, Liz est belle, envoûtante et à une âme d’artiste et Jules, le petit dernier n’a pas froid aux yeux. Si le père est un peu distant les enfants veulent tous ressembler à cette mère si belle et douce qui sait réunir sa famille autour de sa guitare, notamment les soirs de Noël, pour chanter Moon River. &#160; “C’était le moment de l’année où tout était parfait.” &#160; Et puis, un jour alors que les parents sont partis en week-end, le téléphone sonne pour leur annoncer le fatal accident de voiture. Les 3 orphelins sont placés séparément dans un internat et Jules qui est encore très jeune va énormément souffrir de se retrouver brutalement isolé, irrémédiablement seul. Il devient alors un vrai petit solitaire jusqu’à ce qu’Alva, mystérieusement, décide de venir s’asseoir à côté de lui en classe. Elle aussi porte un douloureux secret… &#160; “Alva avait les cheveux cuivrés et portait des lunettes d’écaille. A première vue, une fille de la campagne, gracieuse et timide, qui recopiait ce qui était écrit au tableau avec des crayons de différentes couleurs. Mais il émanait encore autre chose d’elle. Certains jours, Alva semblait éviter les autres élèves. Elle regardait par la fenêtre d’un air sombre et totalement absent. Je ne savais pas pourquoi elle voulait s’asseoir à côté de moi, on ne se parlait jamais. Ses amies nous observaient en pouffant de rire et, deux semaines plus tard, je me suis retrouvé seul dans mon coin. Aussi rapidement qu’elle était venue, Alva avait de nouveau changé de place.” &#160; Ils vont alors devenir inséparables. Curieusement, le père de Jules lui avait fait une recommandation peu de temps avant de disparaître et Jules a gardé ce conseil dans un coin de sa tête sans vraiment savoir quoi en penser. &#160; Ce jour-là, mon père m’a dit : “L’essentiel c’est que tu trouves ton véritable ami, Jules. Voyant que je ne saisissais pas, il m’a regardé droit dans les yeux. “Ton véritable ami, c’est celui qui t’accompagne durant toute ta vie. Il faut que tu le trouves, c’est plus important que tout le reste, et même que l’amour. Car l’amour peut se dissiper.” &#160; Mais Jules s’aperçoit qu’il est tombé amoureux et ne sait comment faire basculer leur relation. La vie finit par les séparer mais ils s’étaient promis de reprendre contact à 30 ans si aucun d’entre eux n’avait réussi à avoir des enfants… &#160; Mon avis en quelques mots &#160; Un roman déchirant sur la nostalgie, le destin, la douleur et la reconstruction. Chacun des membres de cette fratrie brisée va affronter à sa manière les manques que cette tragédie a creusé en eux. Marty va se consacrer entièrement à ses études, Liz va errer d’un homme à l’autre en abusant souvent de la drogue tout en fuyant, quand Jules va investir totalement son histoire d’amitié avec Alva. Il tentera aussi de faire son métier de la photographie, en souvenir de son père, et parce qu’il est rongé par la culpabilité de n’avoir jamais utilisé l’appareil photo que celui-ci lui avait offert pour les fêtes de Noël avant l’accident. Avant d’admettre, que ce n’est pas sa vocation et de changer de voie. &#160; Plus qu’un style, c’est une voix qui résonne en nous. Une histoire difficile et sombre portée par une langue aux contours poétiques, un récit esthétique et romantique comme on n’en rencontre plus, conté tout en délicatesse. Bouleversant, lumineux, l’histoire d’une fratrie malmenée par la vie mais qui réinvente de façon totalement inattendue une façon de se ressouder autour de leurs manques respectifs et de faire face ensemble aux nouveaux coups bas que la vie ne leur épargnera pas avec une magnifique solidarité, et bien sûr, une grande histoire d’amour entre Jules et Alva qui transcende tout. Mais on évite le pathos, le feel good et le tout-est-bien-qui-finit-bien, c’est un VRAI roman d’auteur, profond qui subjugue et bouleverse tout en restant lumineux. Incroyable ! Je suis totalement sous le charme ! Avec en filigrane du roman, l’interrogation de Jules : Que seraient-ils advenus d’eux si la vie avait décidé d’un tout autre scénario que celui de cette tragédie ? Jules était celui qui n’avait peur de rien, celui qui préférait prendre le risque de traverser un gros torrent sur un tronc d’arbre glissant plutôt que d’emprunter un pont, il se rend compte qu’il n’en est désormais plus capable. La vie l’a changé. Mais elle a aussi changé Marty et Liz … Est-ce qu’on naît en quelque sorte déterminé, avec quelque chose qui ne pourrait pas changer quelque soit la vie qui nous attend ? Ou est-ce que ce sont certains événements de la vie qui nous créent ? &#160; “Hum … Kierkegaard dirait : Le moi doit être brisé pour devenir moi. – Ce qui veut dire ? Elle a froncé les sourcils. – Eh bien, quand on vient au monde, on est déterminé par son environnement, ses parents, les coups du sort, l’éducation et les hasards de la vie. On finit par se dire, comme une évidence : je suis comme ça, mais on ne pense qu’à la partie superficielle, au moi originel… Alva s’est assise sur son bureau. &#8211; Pour découvrir son véritable moi, il faut remettre en cause tout ce que l’on a reçu à la naissance. Et même en perdre une partie, car c’est souvent dans la douleur qu’on comprend ce qui nous appartient vraiment … C’est dans les ruptures qu’on apprend à se connaitre.” &#160; Cela rejoint l’idée que j&#8217;évoquais dans mon commentaire sur le livre de Raphaëlle Giordano (“Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”)  qu’il faut très souvent un évènement douloureux, une rupture brutale de quelque chose dans sa vie pour qu’une personne modifie véritablement sa trajectoire et change de manière radicale sa façon d’agir et de penser. C&#8217;est la raison pour laquelle il est si compliqué de changer, il ne suffit pas de le vouloir très fort. C’est pourquoi la plupart des gens qui rêvent de changer leur vie ne peuvent consentir que d’y apporter des aménagements dont ils vont se satisfaire. Ce qu’ils ont appris de la vie, de leur parents, de par leur éducation … continue (malgré les envies de remise en question) de déterminer leur perception de qui ils sont. C’est très intéressant de suivre comment ces trois enfants vont chacun apporter une réponse différente à ce qui leur arrive. Je crois que l’évolution du personnage de Marty est celle qui est la plus surprenante et qui donne le plus à réfléchir. Mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler le roman. Avant de vous quitter, je vous laisse avec « Moon River » &#8211; cette chanson qui représente tant de souvenirs pour cette fratrie. &#160; &#160; ☆☆☆ &#160;</p>
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		<title>Mon amour-Julie Bonnie</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2017 15:14:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce petit livre embarqué dans mon périple milanais parce qu’il parlait d’amour (et aussi parce qu’il avait la taille parfaite pour entrer dans le minuscule sac à main que je m’étais autorisé à prendre) m’aura finalement accompagné tout mon séjour. Le format s’y prêtant tout à fait puisqu’il s’agit de courtes lettres, j’ai ainsi pu faire durer le plaisir de cette lecture, en me laissant aller à lire quelques pages en attendant l’arrivée d’un plat au restaurant ou blottie au chaud dans un de ces chaleureux cafés italiens. &#160; &#160; Mon avis en quelques lignes Tout d’abord j’ai été attirée par le parcours atypique de cette auteure. Chanteuse, guitariste, violoniste elle a chanté dans toute l’Europe pendant plus de dix ans avant de tenter l’aventure de l’écriture de romans. J’aime les talents protéiformes, la richesse d’un monde que l’on transpose, apporte avec soi dans un nouveau. Certaines personnes aiment les petites cases qui enferment les gens, je préfère les poupées russes, l’addition des “corps”, des savoirs, des peaux qui “transpirent” les unes sur les autres pour donner naissance à quelque chose de nouveau. Ce roman ne m’a pas déçue. J’ai été surprise parce que je m’attendais à un véritable roman épistolaire et ce n’en est pas vraiment un… mais par le biais de cette correspondance entre ses deux personnages, Julie Bonnie nous permet d’entrer de plain pied dans l’intimité de ce jeune couple. &#160; Pas de prénoms, elle c’est “sa fée” et lui “son amour”. Elle vient d’accoucher d’une petite Tess. Il est parti pour une tournée d’un mois avec son groupe de jazz. Elle n’aime pas le téléphone alors ils s’écrivent dans leur journaux intimes respectifs. Elle se sent seule, perdue dans son appartement parisien qu’il a déserté pour sa tournée juste après la naissance et elle est complètement absorbée par cette relation d’amour fusionnel qu’elle tisse avec le bébé. Elle le réclame et lui se débat avec ses démons, ses souffrances, ses doutes sur son talent et son incapacité à affronter la solitude. Il la trompe à peine parti. &#160; En un mois, ces deux êtres qui s’aiment plongent dans une réflexion en miroir vertigineuse par l’entremise de l’écriture. La naissance de leur fille les renvoie chacun à leur place, à celle que va prendre Tess dans leur vie, redéfinissant la leur. Si elle apprend jour après jour à devenir charnellement une mère, qu’en est-il de la femme esseulée dévastée physiquement par l’accouchement ? Lui, il n’est plus le centre du monde, et à cause de ce bébé elle n’a pu l’accompagner dans sa tournée. Il essaye de se raisonner mais pour lui, il n’y avait pas de place dans leur vie pour un enfant, d’ailleurs c’était lui l’enfant. Lui qui avait besoin de sa fée pour être écouté, cajolé, compris. Lui qui n‘a pas réglé ses comptes avec ce père absent, un musicien jazzman renommé, dont il cherche inconsciemment la reconnaissance filiale et artistique. Lui enfant qui a dû porter la douleur de sa propre mère qui s’est effondrée lorsque cet homme l’a quitté pour une autre. Lui qui se bat pour exister. Elle lui reproche son égoïsme, de ne même pas s’intéresser au bébé. Il lui reproche de ne pas comprendre ses doutes et sa souffrance. Chacun est seul de son côté et leurs deux mondes s’écartent irréversiblement même s’ils s’imaginent au bout du compte pouvoir surmonter leurs silences, leurs faux fuyants et leurs entorses pour se retrouver à l’issue de cette tournée. Quelques personnages viennent apporter leur pierre à la compréhension de la nouvelle histoire qui se construit derrière cette correspondance. Car après un départ tout en douceur, très rapidement le rythme s’accélère et l’histoire s’emballe. Julie Bonnie sait séduire et rendre captif son lecteur d’une histoire dont il ne sait qu’attendre. On tourne alors les pages en retenant son souffle, à la fois devant le choix des mots pour conter la relation d’amour maternel qui s’installe et le tour inattendu que prend cette histoire. Julie Bonnie sait capter les moments de grâce de la maternité comme les fulgurances déchirantes de la création artistique. On ressent tour à tour ces émotions qui habitent l’artiste, la détresse et l’extase, qu’il peigne ou qu’il joue de la musique, tout comme celles à fleur de peau qui envahissent la jeune maman face à son bébé. J’ai été séduite par la plume caressante, presque poétique puis incisive de cette auteure toute en sensibilité. Un petit roman de sensations douces, violentes, colorées et jazzy à ne pas rater et qui m’a donné envie de découvrir les autres romans de cette auteure dont notamment le très remarqué “Chambre 2”. Coup de cœur ! &#x2665; &#160; &#160; &#160; Rejoignez les 3000 abonnés de ma newsletter &#x2728; Un email privé tous les 15 jours + votre guide offert &#x1f4da;         “Les 5 étapes pour transformer votre vie grâce aux livres de développement personnel” &#160; → Un rendez-vous bimensuel pour cheminer, lecture après lecture, vers une transformation intérieure profonde. S&#8217;abonner Loading&#8230; S&#8217;abonner Loading&#8230; Thank you! You have successfully joined our subscriber list.</p>
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		<title>Pour la peau &#8211; Emmanuelle Richard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 May 2016 19:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[charnel]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuelle Richard]]></category>
		<category><![CDATA[littérature française]]></category>
		<category><![CDATA[passion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Pour la peau » d&#8217;Emmanuelle Richard, voilà un roman autobiographique dont j’ai parcouru hâtivement quelques pages un jour que je flânais à la Fnac et qui m’a immédiatement happé. Pour faire court, je ne sais pas exactement ce qui a retenu mon attention, mais je pense que la modernité de l’écriture et le sujet m’a séduite sur le champ : une histoire de corps entre un homme et une femme, qui vire au passionnel. Il m’a alors fallu l’acheter immédiatement, ma curiosité était piquée au vif et, fait assez rare, je l’ai lu aussitôt installée dans la voiture, d’une traite, comme s’il y avait une urgence à le lire qui aurait rejoint l’urgence d’écrire de l’auteur, à moins que ce ne soit le contraire … &#160; ☆ Mon avis sur “Pour la peau » d&#8217;Emmanuelle Richard &#160; L’histoire de « Pour la peau » est relativement simple. Emma quitte son compagnon pour vivre seule, elle n’a qu’une envie pouvoir lire et écrire. Pour le reste elle se débrouille pour essayer de rencontrer des hommes sur un site de rencontre extra-conjugal. Elle ne veut plus personne dans sa vie seulement pouvoir faire l’amour quand elle le souhaite. Mais ce n’est pas aussi simple, les hommes rencontrés par ce biais ne la séduisent pas et la solitude surgit lourde et envahissante. Elle pense alors à contacter E (l’agent immobilier qui lui a fait visiter son appartement) pour aller boire un verre. Il ne lui plait pas mais c’est mieux que rien. Pourtant leurs corps vont s’étreindre, se trouver et se désirer ardemment. Va alors les gouverner une faim inextinguible de leurs peaux et puis de leurs âmes. D’abord indifférente, Emma se surprend à vouloir en savoir plus, l’entraperçoit différent et peu à peu bascule dans la passion amoureuse. Les sentiments sont là mais le “timing” est mauvais, trop tôt ou trop tard, E aime déjà ailleurs, il a une ex dans la peau qu’il finira par rejoindre, laissant Emma dévastée par le manque et l&#8217;abandon. Il ne lui reste alors qu’une seule chose à faire pour tenter de survivre: mettre des mots sur cette histoire, fouiller, chercher, identifier le fragile moment où leur relation a basculé, où elle est tombée pour cet homme. Comment a-t-elle pu passer sans s&#8217;en rendre compte d’une indifférence méprisante au sentiment amoureux ? &#160; « Écrivant ceci, je me pose cette question : comment passe-t-on de l&#8217;indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir, et enfin au sentiment amoureux ? A quel moment ai-je commencé à regarder E. ? A quel moment E. a-t-il commencé à me plaire ? A quel moment ai-je eu l&#8217;impression foudroyante de « le » voir en entier, et d&#8217;en être bouleversée ? ». &#160; Pour la peau » est le second roman de cette jeune auteure, Emmanuelle Richard, que je ne connaissais pas et il m’a littéralement bouleversé. Ce roman intense et sans tabous, écrit dans “l’urgence absolue” avec une plume à fleur de peau, moderne, crue, et sensuelle, transcende cette histoire sentimentale finalement plutôt banale. Au travers des quatre semaines de passion traversées par le roman, les mots tissent la réalité vertigineuse de l’impérieux et dévorant lien passionnel qui va perdre Emma. E prend toute la place, il devient une drogue dont elle ne peut plus se déprendre. On décèle le côté borderline de cette relation mais il est déjà trop tard. Le rythme du roman ne permet pas l’échappatoire, on ira jusqu’au bout avec l’héroïne : de la passion dévorante à l’acte de survie de cette écriture libératrice, qui seule peut lui permettre de reprendre le contrôle. Elle va essayer de comprendre cette histoire et d’y mettre un point final pour ne plus souffrir. &#160; ☆ Bilan de ma lecture  Une histoire d’amour contemporaine, avec des mots d’aujourd’hui mais aussi explicites, qui rompent avec le contenu des romans plus convenus qu’on a l’habitude de lire (ce roman a d’ailleurs obtenu le prix Anaïs Nin). Une histoire vibrante de femme, de corps qui s’abandonnent, de passion et de souffrance dans laquelle beaucoup d’entre nous peuvent se retrouver. Je ne saurais trop vous encourager à vous aventurer entre les pages de ce roman, il ne peut laisser indifférent&#8230; &#160; ☆ Autres idées lecture C&#8217;est d&#8217;ailleurs un joli signe d&#8217;avoir reçu le prix Anaïs Nin car ce roman me fait justement penser à ses carnets secrets « Henry et June » qui marque son éveil à la sensualité et à l&#8217;amour fou avec un homme qui appartient à une autre femme. A lire aussi « Feu » de Maria Pourchet : une autre histoire de désir et d&#8217;amour charnel qui déraille ou « On ne meurt pas d&#8217;amour » de Géraldine Dalban-Moreynas. &#160;</p>
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