Pardonnable, impardonnable-Valérie Tong Cuong

J’ai eu un vrai coup de cœur pour le dernier roman de Valérie Tong Cuong “Par amour”, alors forcément la curiosité m’a amené à vouloir TOUT lire de cette auteure qui a déjà écrit plus d’une dizaine de romans ! Et puis, je ne vais pas vous mentir, je n’ai entendu que de bonnes critiques de ces précédents romans, d’où une curiosité encore plus exacerbée Clignement d'œil.

J’ai donc jeté mon dévolu sur celui-ci, il faut bien commencer avec un titre et à priori je suis plutôt bien tombée.

Pardonnable impardonnable - Valerie Tong Cuong

 

Vous aimez les secrets de famille ? Personnellement j’adore parce que plus on fouine et plus ce qu’on découvre est inattendu. J’aime quand s’effondre la façade lisse des gens, c’est à ce moment là qu’ils deviennent intéressants quand tout ce beau vernis posé consciencieusement, couche après couche, se craquèle brusquement sans qu’il soit possible de colmater et qu’ils se révèlent enfin humains. Parce qu’on est bien d’accord, les personnes lisses ça n’intéresse personne et c’est d’autant plus vrai en littérature Clignement d'œil

Par une chaude après-midi d’été, Milo chute gravement de vélo alors qu’il est sous la surveillance de sa jeune tante, Marguerite, sensée lui faire réviser l’Antiquité. Que faisait-il donc sur cette route ?

Pour les parents, Lino et Céleste déjà durement éprouvés par un autre drame, c’est le sort qui s’acharne mais ils leur faut aussi un coupable.

Pour Jeanne la grand-mère omniprésente, la responsabilité de Marguerite ne fait aucun doute. D’ailleurs depuis toujours cette fille qu’elle a du mal à reconnaitre comme sienne n’apporte que le malheur avec elle. Au moment de l’accident elle avait d’ailleurs organisé la signature de donation de sa maison chez le notaire au seul bénéfice de son autre fille, Céleste, en évinçant sa sœur.

Mais Milo sort rapidement du coma mais n’arrive pas à guérir. Les secrets, les malentendus, les non-dits et les rancœurs familiales resurgissent lancinants comme de vieilles blessures mal soignées et purulentes et font imploser la famille. Pourtant il faut trouver une issue car la guérison de Milo en dépend.

A chacun de se mettre au clair avec lui même d’affronter sa propre responsabilité et d’accepter de se pardonner ses erreurs pour pouvoir être pardonné.

Avec finesse, ce roman choral qui permet à chacun de livrer peu à peu sa vérité, explore les recoins de l’âme humaine, suit le lent cheminement qui va mener chaque personnage du déni à la nécessaire acceptation de sa possible responsabilité dans cet accident. Les pages se tournent et le temps file, pris que l’on est dans cette étourdissante plongée dans les secrets de cette famille que jamais l’auteure ne juge. Elle laisse les personnages faire leur chemin, s’abuser eux-mêmes avant de capituler. Mais peut-on tout pardonner ? Peut-on pardonner les mensonges quand ils sont la cause de la douleur des autres ?

J’ai beaucoup aimé la manière dont a été amené la déconstruction des mensonges des uns et des autres et cette imbrication à priori non évidente de chaque erreur ou petit drame personnel dans le malheur des autres, comme un jeu de domino où la chute de l’un entraine nécessairement la chute de tous les autres. Et en fin de compte, la plus pardonnable n’est-elle pas celle à laquelle on reproche tant ?

C’est intéressant de voir aussi combien le manque d’amour pour une personne peut conduire ensuite toutes les autres à “instruire” forcément à charge de celle-ci au lieu de lui chercher des excuses ou circonstances atténuantes. Comment ne pas sentir une profonde empathie pour le personnage de Marguerite, si malmenée que forcément on ne peut que ressentir un profond sentiment de révolte et d’injustice à son égard sans toutefois mesurer d’emblée la profondeur de sa disgrâce puisqu’elle nous est révélée peu à peu. Et à contrario forcément, j’ai eu beaucoup de mal avec le personnage de la grand-mère, tant sa manière d’aimer comme de ne pas aimer est destructrice, tant son aveuglement sur elle même et son égoïsme m’ont rebuté… Bref ! vous l’aurez compris, les personnages sont pleins de contrastes et la trame psychologique qui tisse insidieusement les liens de dépendance entre les membres de cette famille est très finement ciselée.

Un roman très abouti, sans longueur, dramatique mais plein d’humanité et d’émotion (j’ai fini en larmes !) qui me donne encore plus envie d’en lire davantage de cette auteure. Allez hop ! Je continue sur ma lancée avec “l’Atelier des Miracles”, titre ô combien évocateur ! Clignement d'œil 

 

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