Comment devenir blogueuse littéraire

A mon grand étonnement je suis constamment sollicitée pour ce genre de conseils.

Tant est si bien que malgré mes réticences à vaincre l’extrême prétention qu’il y a à écrire un billet sur ce sujet, je me suis dis que le faire me permettrait de ne plus avoir à répondre individuellement à chaque demande ce qui est chronophage et insatisfaisant car il y a tant de choses à aborder…

Donc si tu rêves de devenir toi aussi blogueuse littéraire, il y a déjà quelques petites choses à savoir avant de te lancer et qui vont te faire gagner du temps.

Préalable indispensable : J’ai fait un article de fainéante en utilisant le terme de « blogueuse » parce que la communauté littéraire est principalement féminine mais il existe quand même quelques beaux spécimens de mâles qui lisent et qui bloguent. Les conseils ci-dessous (qui n’engagent que moi, d’ailleurs) sont bien évidemment unisexes et applicables que l’on soit un futur blogueur ou une future blogueuse et nous accueillons les hommes avec bienveillance et sans à priori, bien évidemment. Je pense qu’il était important de le préciser.

Comment devenir blogueuse littéraire

Comment devenir blogueuse littéraire

 

Il y a quelques années en arrière, les blogueurs littéraires pouvaient espérer se faire une place en se contentant de lire et de chroniquer. C’est une thématique de blog qui est un peu en retard sur les autres dans la mesure où la lecture était jugée comme“intellectuelle”, un peu has been, et cela d’autant plus à une époque où l’on pensait que le livre serait détrôné par la liseuse et Google. Donc ça n’intéressait pas grand monde. Et puis à la surprise générale, le livre n’a pas disparu mais en plus le nombre de lecteurs et de livres vendus ne cessent d’augmenter chaque année.

La seconde (r)évolution étant celle des réseaux sociaux et principalement celle d’Instagram où de vraies communautés de lecteurs se sont constitués, prenant une telle importance que les éditeurs ont eux-mêmes dû prendre la mesure du phénomène et reconsidérer leur position stratégique par rapport à ces nouveaux influenceurs tout comme l’obligation de détenir pour eux-même un compte sur ce réseau social. On sait désormais que les véritables prescripteurs ne sont plus les critiques littéraires classiques et les journalistes mais les blogueurs. Un livre se vend parce qu’il est partagé sur les réseaux sociaux ! C’est d’ailleurs passionnant d’avoir pu vivre cette petite révolution de l’intérieur. Aujourd’hui lire ce n’est plus old school, c’est fun, sexy et tendance, en plus de toutes les autres vertus beaucoup moins superficielles qu’apportent la lecture.

Qu’est ce qu’être blogueuse littéraire aujourd’hui ?

Je vous avoue qu’au départ, je me faisais une idée assez élitiste de ce que devait être une blogueuse littéraire. C’est à dire que je pensais qu’il n’existait qu’une seule sorte de littérature et qu’il fallait avoir plutôt un profil littéraire académique pour pouvoir prétendre écrire sur les livres. Je me suis donc lancée sans trop réfléchir mais après avoir quand même attendu de très longues années parce que je pensais que je ne serais pas au niveau. Et puis c’était à une époque (même si ce n’est pourtant pas si vieux) où l’on pouvait encore “débarquer” sans avoir vraiment de ligne éditoriale. Pour moi il s’agissait simplement de partager mes lectures (assez hétéroclites) et d’avoir un endroit où en retrouver la trace. De tenir une sorte de blog répertoire de mes lectures.

Et puis très rapidement j’ai découvert qu’il existait autant de style de littératures que de profils de lecteurs différents. Il y a ceux qui ne lisent que de la young adult, de la chicklit, de la romance, de la littérature américaine ou asiatique, du nature writing, des polars, de la littérature classique, de la BD… Bref ! C’est foisonnant à souhait, il faut donc décider de quoi on va vouloir parler et lire si on veut avoir une chance d’exister. Et puis, il faut avoir sa propre personnalité car c’est d’abord à celle-ci que les gens adhèrent pour déterminer si ce que vous lisez va les intéresser et puis il faudra faire des photos qui vous ressemblent.

Il existe pleins de blogueuses littéraires très intéressantes mais en exemple je vous présente l’instagrammeuse BernadettePivote (même si elle n’a pas encore créé ce fameux blog qu’elle a dans les cartons) parce que je trouve qu’elle représente parfaitement ce que doit être une blogueuse littéraire aujourd’hui. Elle ne lit pas les livres que tout le monde lit donc c’est une vraie force de proposition, elle est créative, enthousiaste, elle a des idées, elle propose des parcours littéraires dans Paris ou des concepts bien à elle, elle a donc sa propre personnalité (elle ne copie personne), elle ne cherche pas à faire les mêmes photos que l’on voit partout sous prétexte que c’est ce qui marche. Et pour l’avoir rencontré, elle ressemble à ce qu’elle publie, elle n’hésite pas à expérimenter ses idées même si elle doit perdre des abonnés au passage. Et si personnellement j’ai beaucoup de respect pour cette honnêteté “intellectuelle”, je pense que c’est aussi ce qui séduit ceux qui viennent la lire sur son compte : l’adéquation entre qui elle est et ce qu’elle fait Sourire

 

Que faut-il faire pour devenir blogueuse littéraire ?

 

1- AIMER LIRE

Mais aimer lire VRAIMENT !

Parce qu’il va falloir soutenir un rythme de lecture parfois complètement dingue notamment en période de rentrée littéraire et qu’il va falloir lire à ce rythme là pendant des années en plus de son job ou de ses études car on ne monte pas un tel blog si on ne doit pas tenir dans le temps. Ce qui impose l’idée de la passion pour la lecture. On ne peut pas devenir blogueuse littéraire si on n’a pas cette passion. Si dans d’autres domaines on peut peut-être s’en tirer sans passion (mais j’en doute vraiment!), dans la blogosphère littéraire et sur bookstagram, ce n’est pas possible et d’autant moins que les autres blogueurs/ blogueuses le sont. Donc si tu aimes lire mais sans plus et que tu t’es dit que ça pourrait être une bonne idée parce que tu veux avoir un blog et que tu ne sais pas quoi faire d’autre, j’ai bien peur que ce ne soit pas suffisant. Par contre, si tu aimes lire plus que tout, alors tu vas t’éclater ! Je n’ai pas réellement de chiffres en tête mais personnellement je pense lire au minimum une dizaine de livres par mois, souvent plus, même si pour l’instant je ne trouve pas le temps d’écrire une chronique pour chacun des livres lus… car l’exigence n°2 pour une blogueuse littéraire vous l’aurez compris, c’est d’aimer écrire.

 

2 – AIMER ECRIRE

Je le précise car pour moi, c’est le plus compliqué à gérer. J’aime écrire, j’ai été blogueuse dans différents domaines depuis plus de 10 ans mais j’aime écrire dans un cadre flou, sans contraintes. Or la chronique de lecture, c’est complètement l’inverse puisqu’il faut écrire dans un cadre précis, sur les qualités d’un texte et les sentiments ressentis à sa lecture. J’avoue que je lis beaucoup plus que ce que je chronique car ce cadre contraignant me pèse, même si j’essaye de “l’arranger” à ma sauce. Mais pour d’autres au contraire, c’est très rassurant d’être tenu à un type de billet qui n’impose pas une créativité folle. Donc selon ton tempérament, ton goût pour l’écriture et ta disponibilité, tu auras ou non des facilités pour rédiger tes posts. Mais quoiqu’il en soit, la seule constante c’est qu’on ne peut pas bloguer, et encore moins en littérature, si on n’aime pas écrire (sauf à avoir une chaine YouTube).

 

3 – TRAVAILLER DUR ET ETRE DISPONIBLE

Je sais qu’on présente le blogging comme une immense cour de récréation, accessible à tous, où l’on s’amuse beaucoup. Google parlait d’ailleurs de bac à sable pour le référencement de ceux qui débutaient avec un site sur le web… Je trouvais que c’était bien trouvé mais l’image date un peu… Aujourd’hui on ne le dit pas vraiment mais tenir un blog suppose désormais énormément de travail et encore plus lorsqu’il s’agit d’un blog littéraire puisqu’il faut en plus lire des livres et que ça prend un temps fou. J’ai connu l’époque “bénite” où il suffisait d’écrire des posts , celle où Facebook est arrivé en facilitant encore davantage la diffusion des contenus. Aujourd’hui, il faut désormais gérer différents réseaux sociaux très chronophages, interagir partout, lire, écrire des posts, faire des stories, rencontrer des gens, répondre à des tonnes d’emails dont beaucoup sont sans réel intérêt, faire de belles photos… et savoir que ça ne va pas aller en s’arrangeant. Donc il faut absolument être conscient que la plupart de ton temps libre va y passer, d’où l’importance qu’il s’agisse vraiment d’une passion et d’être entouré de personnes qui vont accepter de te voir complètement absorbé par quelque chose qu’ils ne comprendront pas toujours et qui peut rester très virtuel pour eux. Après on peut avoir un blog juste pour partager sa passion, recenser ses lectures, échanger avec d’autres lecteurs mais sans chercher à avoir un blog qui marche et ne pas s’investir autant. Ce fut ma démarche au départ. Je n’imaginais même pas que je ferai ce chemin là. Mais ça serait malhonnête de ma part de ne pas dire aussi que les choses ont déjà beaucoup changé en 2 ans et que le contexte était un peu différent, la littérature n’attirant à l’époque principalement que des personnes passionnées et assez peu de personnes qui voyaient là un moyen de devenir connu ou d’avoir un blog qui marche à l’instar de ce qui existe dans la mode ou ailleurs. Maintenant même dans le blogging littéraire, ce genre d’appétit est apparu. On a désormais nous aussi ceux qui font plutôt de la communication, de l’auto-promotion, qui copient ou qui trichent, qui achètent des abonnés, qui payent pour se sponsoriser ou que sais-je… pour essayer d’exister plus vite que leur talent, leur travail ou la chance ne leur permette. Ce n’est heureusement pas la grosse majorité des blogueuses ou instagrammeuses mais c’est quand même un peu plus compliqué désormais de percer puisque même la tranquille sphère littéraire est entrée dans cette course folle à la notoriété. Je brosse peut-être un tableau pas très idyllique mais je préfère toujours dire ce qu’il en est, au moins on sait à quoi s’attendre si l’on décide de se lancer. Cela évite les désillusions et de perdre son temps si on n’est pas près à s’investir autant car du temps, vous l’avez compris, il va falloir en consacrer un volume conséquent pour cette passion ! 

4 – DÉTERMINER SA LIGNE ÉDITORIALE

Maintenant que tu sais à quoi t’attendre et que tu sais quelle quantité d’énergie tu es prête à investir et ce que tu attends de ton blog, il va te falloir choisir une ligne éditoriale pour celui-ci. Par exemple, si tu es dingue de romance ou de roman policier par exemple, il vaut mieux que tu te “spécialises” là-dessus. Le champ des genres littéraires est tellement vaste qu’il vaut mieux s’en tenir à un genre en particulier pour commencer, ce qui ne t’empêchera pas ensuite d’agrandir ta zone de lecture. Toujours faire ce que l’on aime plutôt que de chercher ce qui marche car impossible d’écrire sur le long terme sur des sujets qui ne nous intéressent pas spécialement alors qu’on sera inépuisable si on parle de ce qui nous passionne vraiment. C’est la base !

C’est aussi ce qui te permettra d’être identifiable pour les autres et d’intégrer une communauté de lecteurs qui partage les mêmes centres d’intérêt que toi. Vouloir être partout et tout faire brouille les pistes et ne mène pas bien loin. Il vaut mieux décider d’un chemin précis et de s’y tenir.

5- FAIRE PREUVE DE CRÉATIVITÉ

On est tous différent et c’est cette différence qui fait que l’on est unique. Or je vois beaucoup de nouveaux blogueurs qui copient ceux qui marchent dans l’espoir de récupérer un succès équivalent. D’où le même genre de contenus, de photos, les mêmes livres, la même façon de communiquer, les mêmes sujets. Ça peut marcher un peu mais ça ne marchera jamais vraiment. Demandez-vous plutôt qu’est ce qui fait que vous êtes unique et que ne font pas déjà les autres ! « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris » est particulièrement vrai pour réussir dans le blogging

6 -FAIRE DE JOLIES PHOTOS DE VOS LIVRES ET AVOIR UN JOLI DESIGN DE BLOG

Ce n’est pas parce qu’on parle bien des livres qu’on va pouvoir bâcler le reste. La photo, le visuel est devenu aussi important pour la présentation d’un livre que ce que vous allez en raconter. Tout comme un blogueur cuisine ne va pas pouvoir se contenter de partager une excellente recette et va devoir imaginer une jolie mise en scène photographique de son plat, le blogueur littéraire doit lui aussi soigner la présentation du livre qu’il chronique et apposer sa patte visuelle en essayant d’avoir son propre style de photo. C’est important pour que la photo attire l’attention sur les réseaux sociaux et notamment sur Instagram mais aussi pour illustrer agréablement son article de blog. Idéalement il faudrait faire des photos différentes pour chaque support, mais j’avoue que je ne le fais pas car il y a désormais beaucoup trop de choses à faire plus importantes.

7 – COMMENCEZ … et PERSÉVÉREZ

Je ne compte plus les fois où j’ai songé abandonner, où j’ai fait des pauses, où je me suis remise en question, où je me suis recadrée. Avant d’en arriver au bout de 2 ans à réaliser que si j’avais quand même fait du chemin,  je n’étais en fait qu’au début de l’aventure, que tout restait encore à faire. Ce n’est pas facile de donner autant de soi 7 jours sur 7 car même lorsqu’on n’écrit pas, on garde son blog ou ses réseaux sociaux dans un coin de sa tête … donc il y a forcément des moments de découragements, des moments où l’on trouve tous les autres blogueurs bien meilleurs que soi, où l’on considère que ça n’avance pas, où on n’a plus envie de vivre avec cette pression constante de devoir sans cesse lire et publier (tiens ! Je ferais d’ailleurs un post sur ce sujet). Mais les difficultés, le découragement, les traversées du désert, les questions quasi existentielles font partie du chemin. Ceux qui font croire que tout arrive facilement ne disent pas la vérité mais au bout, quelles récompenses !! Et je ne parle pas d’argent mais d’enrichissement personnel, de rencontres incroyables, de tout ce qui fait la vie plus belle …

8 -CRÉER SINCÈREMENT DU LIEN AVEC LES AUTRES

Personne ne réussit tout seul dans son coin. Si tu as l’âme individualiste ou si te servir des autres est ton credo, le blog ne devrait pas devenir ton terrain de jeu… Je le dis tout en sachant pertinemment qu’aujourd’hui beaucoup investissent les blogs avec le même état d’esprit que ceux que l’on croisent dans les entreprises et qui veulent grimper le plus vite possible pour faire leur place. Disons qu’on repère assez vite ceux qui travaillent leur réseau pour servir leurs propres intérêts, même quand ils semblent créer du lien avec les autres. L’expérience m’a appris que certains arrivaient à faire illusion un certain temps mais finissaient toujours par se révéler tel qu’ils sont. Or bloguer c’est partager/donner au vrai sens du terme c’est à dire sans attendre quoique ce soit en retour. Parfois on donne et l’autre s’en saisit et en profite mais souvent on donne et on reçoit encore plus. Je suis toujours bouleversée par ce que l’on me donne, cet émerveillement ne s’est jamais affadi. Je suis naturellement très timide et le blog a toujours été un moyen de partager sans trop m’exposer, de faire des rencontres en oubliant que je ne m’aimais pas toujours beaucoup, de m’oublier au profit d’un partage autour de quelque chose en commun qui me passionnait. Au départ c’était plus simple pour moi de créer du lien avec les autres derrière un écran que dans la vraie vie mais l’un a aidé l’autre. Je suis devenue plus sociable dans la vie réelle grâce à mes blogs et celle-ci a renforcé ma sociabilité virtuelle. J’étais assez solitaire et j’ai découvert tout ce que pouvait m’apporter les autres. J’ai alors eu envie d’apporter aux autres ce qui m’avait été donné ainsi … Tout ça pour dire que j’ai ainsi découvert que j’avais besoin d’aller vers certaines personnes plutôt que d’autres, de créer mon propre cercle d’amis virtuels et de développer véritablement ces amitiés en leur donnant un prolongement dans la vie réelle. Si tu veux développer ton blog d’une manière satisfaisante pour toi, il te faut développer des relations avec ceux avec lesquels tu te sens de vraies affinités, c’est important, car il est aussi vrai que l’on ne peut pas être amis avec tout le monde.

Mais un blog tout seul dans son coin n’existe pas, ce n’est pas sa logique, c’est un lieu de partage avec d’autres blogueurs et des lecteurs. Personnellement, je ne regarde jamais la notoriété ou le nombre d’abonnés d’une personne qui vient vers moi, juste le genre de relation qu’elle me propose. Est-ce qu’il s’agit d’une vraie relation humaine basé sur l’échange de quelque chose de commun (ou pas d’ailleurs) ou simplement quelqu’un qui attend quelque chose de moi ou au contraire n’attend rien donc ne prend même pas la peine de s’intéresser à moi ou à l’intérêt que je peux lui porter ?

Avoir un blog c’est d’abord donner beaucoup, sans compter et aller vers les autres sans rien attendre, sincèrement, et je suis complètement convaincue de cela. J’ai cette culture là et c’est celle-là que je défends. Donc ouvre un blog, donne, donne sans compter et fais toi des amis, des vrais amis, c’est comme ça que ça marche sur le web et IRL.

9 – FAUT-IL VRAIMENT AVOIR UN BLOG ?

Oui, oui et oui.

Je sais que c’est très “à la mode” de dire que les blogs, c’est fini. Et oui l’âge d’or et les années glorieuses du blog sont derrière nous mais un blog reste une valeur sûre pour plusieurs raisons.

Certaines n’ont qu’une page Facebook ou un compte Instagram et cela peut suffire mais il faut savoir que les éditeurs aiment avoir du contenu pérenne. C’est à dire qui se référence sur le Web et qui permette aussi une chronique plus détaillée des livres. La durée de vie d’un livre qui sort est de 3 mois, il faut donc une certaine réactivité mais si le livre marche, il aura aussi une seconde vie plus longue en format poche. Un post littéraire publié sur les réseaux sociaux à un temps de vie d’une journée. Sur le Web, il est là pour le temps que le blog existera. Un blog demande plus de travail et d’investissement personnel mais il offre une visibilité dans le temps qui est appréciée.

Autre élément important c’est que l’on est pas chez nous sur les réseaux sociaux. Un compte peut brutalement être supprimé par le réseau social sans que vous ne puissiez rien y faire, vous êtes alors susceptible de perdre tout votre travail. Les algorithmes changent aussi très souvent et modifient sans cesse les règles du jeu en les durcissant et en modifiant la portée de vos publications donc rien n’est jamais vraiment gagné. Le seul endroit où vous êtes à peu près chez vous, c’est sur votre blog et cela d’autant plus si vous le gérez de A à Z. Si vous avez quelques doutes, regardez simplement ce qui s’est passé avec Facebook en l’espace de moins de 10 ans. Si vous aviez investi tout votre travail seulement sur ce réseau social, aujourd’hui il ne vaudrait plus grand chose.

10 – CE QUE COÛTE UN BLOG LITTÉRAIRE

Soyons clair, il n’y a pas d’argent à gagner quand on est blogueuse littéraire sauf à avoir une chaine YouTube avec beaucoup d’abonnés et de vues. Par contre, il va falloir un budget conséquent pour lancer son blog car acheter ses livres coûte cher même si on peut essayer de les emprunter ou de les acheter d’occasion. Ce budget peut aussi être augmenté des déplacements aux différents évènements littéraires qui ne manquent pas (prix littéraires, rencontres avec les auteurs…) sans compter les différents salons du livre (Livre Paris, Quai Polar…)

Personnellement mon budget mensuel livres ne doit pas être loin des 200€ actuellement mais j’ai commencé sans savoir ce que ça allait me coûter sinon peut-être que je n’aurais même pas commencé, ce qui aurait été une erreur vu les bénéfices personnels que j’en ai déjà retiré. Une passion est généralement onéreuse et finalement le plaisir qu’on en retire n’a pas de prix, c’est comme ça qu’il faut le voir. Mais il est important de savoir qu’on ne peut pas vraiment tenir un tel blog sans consentir ce genre d’investissement et même si par la suite on obtient des partenariats avec des maisons d’édition et des services presse, il reste nécessaire de continuer à faire ce genre de dépense pour assurer son indépendance de choix de ses lectures qui fait l’identité de son blog. Je vous avoue que je me recadre régulièrement sur cette question car on est très sollicité et on peut rapidement se transformer en machine à lire pour les maisons d’éditions ou des auteurs et y perdre son âme dans le sens où l’on ne sélectionne plus vraiment soi-même ses lectures. Bien sûr cela flatte énormément notre égo, en plus de soulager notre porte-monnaie, et il est parfois difficile de ne pas perdre de vue la raison pour laquelle on tient ce blog. Car être sollicitée veut dire qu’on a de l’influence mais en même temps nous éloigne de ce qui fait pourquoi les gens nous suivent, même si ce qu’on nous propose nous ressemble beaucoup. Ça nous ressemble mais ce n’est pas nous ! Je m’en tient donc à un pourcentage maxi de 50% de livres SP et 50% de livres achetés et choisis par mes soins, c’est ma charte déontologique personnelle et aussi ce qui donne du sens à ce que je fais sur ce blog et assurent à ceux qui me suivent que, quoi qu’il se passe en terme de notoriété, je resterai moi-même. C’est un point qu’il me semble très important personnellement c’est pourquoi je vous encourage dès le départ à être clair avec vous –même et à marquer quelque part ce que vous voulez faire, votre ligne éditoriale, vos engagements envers ceux qui vous suivent, ce que vous êtes prêt ou pas à accepter, pour pouvoir le relire régulièrement et vous poser les bonnes questions. J’ai moi-même affiché au dessus de mon bureau ma ligne éditoriale et mes engagements, ce qui me permet de revenir aux fondamentaux quand j’ai l’impression d’être trop bousculée, de perdre de vue ce pour quoi je tiens ce blog, de savoir si telle proposition me correspond vraiment… car ce n’est pas toujours évident de ne pas la perdre de vue.

11 – COMMENT GAGNER DE L’ARGENT AVEC UN BLOG LITTÉRAIRE

Pour l’instant, gagner sa vie avec ce genre de blog, ce n’est pas gagné ! C’est pourquoi il vaut mieux ne pas trop tabler là dessus. C’est une question que l’on me pose régulièrement : celle de savoir si je gagne ma vie avec mon blog … et je répond systématiquement que c’est certainement le seul domaine de blog où personne ne nous paye puisque les maisons ne nous rémunèrent pas pour lire leurs livres (ce qui est d’ailleurs plutôt sain car on imagine mal l’objectivité d’une chronique payée pour donner son avis sur un livre) et que nos lecteurs ne nous payent pas non plus puisque la plupart rechignent même à acheter les ouvrages qu’on leur propose via des liens affiliés préférant les acheter par eux-mêmes dans des librairies (ce que l’on ne peut pas blâmer non plus). Là où une lectrice d’un blog mode n’hésitera pas à payer 50€ ou même 100€ un produit via un lien affilié de sa blogueuse préférée, chez nous ceux qui nous suivent cliquent, regardent le livre proposé et vont ensuite l’acheter ailleurs. La différence de comportement est culturelle. Il ne faut donc pas trop attendre de rémunération de ce genre de blog sauf à inventer son propre modèle économique (mais j’aurais l’occasion de faire un article plus spécifique sur ce sujet) ou à se servir de son blog pour obtenir un emploi dans la branche professionnelle qui vous intéresse, ce qui est l’option actuellement la plus probable pour un grand nombre de blogueuses littéraires. J’avoue que mon blog m’a déjà permis de travailler en librairie, ce qui n’aurait peut-être pas été possible auparavant puisque je n’ai absolument pas fait d’études en lien avec ce secteur. C’était une expérience intéressante et c’est pour cette raison que je l’ai saisi mais ce n’était pas l’un de mes objectifs au départ. Mais il faut savoir que cette possibilité existe.

S’il n’y a pas de rémunération prévue, par contre, les blogueuses sérieuses peuvent se voir offrir des partenariats avec des maisons d’édition, ce que l’on appelle les services presse (SP), c’est à dire l’envoi d’un ouvrage en échange de la rédaction d’une chronique. Il n’est pas forcément nécessaire d’être très connu pour en bénéficier. Les micro- blogueurs ou micro-instagrameurs (10.000 abonnés et en dessous) intéressent aussi les maisons d’éditions selon leur ligne éditoriale. Certaines blogueuses moins connues que moi reçoivent beaucoup plus de livres de maisons d’éditions avec une notoriété moins importante. Personnellement je n’ai pas vraiment démarché de maisons d’éditions jusqu’à présent parce que j’aime l’idée, peut-être absurde, d’un lien “naturel” quasi filial qui nait avec certaines maisons d’édition qui placent leur confiance en certains blogueurs pour défendre leurs livres (je suis trop idéaliste certainement). Mais je sais que certaines démarchent avec succès. Il n’y a pas de règles, c’est à vous de voir ce qui vous convient le mieux. Mais attendez tout de même d’avoir fait vos preuves avant de solliciter des SP, c’est quand même le minimum. On blogue d’abord par passion, pas forcément pour se voir offrir des livres le plus rapidement possible … Personnellement, j’ai passé plus d’un an sans rien recevoir car ça n’était pas encore dans la culture des éditeurs de travailler véritablement avec les blogueurs, je n’avais d’ailleurs pas d’attente de cet ordre là lorsque j’ai commencé. Les choses ont changé depuis puisqu’ils ont pris conscience de notre influence mais ce n’est pas une raison pour être obsédée par l’obtention des SP car très honnêtement je pense en plus que c’est contre productif. Les gens qui vous suivent ne le font pas parce que vous recevez des livres mais pour ce que vous leur apportez. C’est un peu la cerise sur le gâteau !

Un autre moyen d’obtenir des livres récents ou de rencontrer des auteurs, c’est de chroniquer aussi sur Babelio. ce réseau social littéraire offre une belle vitrine et permet de rencontrer d’autres blogueuses. Pour celles qui habitent sur Paris, il y a de nombreuses rencontres avec les auteurs qui sont organisées, les pique-niques … et sinon les masses critiques permettent de chroniquer des livres reçus gratuitement.

Je n’ai bien sûr pas fait le tour de TOUT ce qu’il y a à faire pour devenir blogueuse littéraire mais je complèterai cette question avec d’autres articles par la suite. L’important c’est de commencer ! Alors pour celles et ceux qui sont tentés par l’expérience, go, go, go ! Clignement d'œil

 

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