Un été à quatre mains – gaelle Josse

 

Lu sur une chaise longue, à l’ombre, pour mes premiers jours de vacances, cette lecture qui s’y prêtait parfaitement, m’a ravie.

Thème : Franz Schubert, lieder, inspiration, biographie romancée, histoire d’amour impossible, trouver sa place, mécénat, piano, compositeur, inspiration, aristocratie, Hongrie, Vienne.

 

 

Gaelle Josse - blog littéraire - un été à quatre mains

Un été à quatre mains – Gaëlle Josse

 

 

Résumé de l’éditeur

 

Parfois, il suffit de quelques jours pour dire toute une vie…

Franz Schubert, compositeur déjà reconnu mais désargenté, a été invité comme maître de musique de deux jeunes filles de la haute aristocratie viennoise, dans leur somptueuse résidence d’été en Hongrie.
Franz reconnaît bientôt en l’une des deux comtesses, Caroline, la plus jeune et la plus talentueuse, son âme sœur. Cet amour, cependant, va se briser sur les conventions et les interdits de caste.
Cette passion fut-elle partagée ? Certains gestes, même les plus ténus, ne sont-ils pas, parfois, des aveux ?
Un été à quatre mains explore les invisibles mouvements du cœur, et le mystère d’une histoire entre deux êtres qui rêvent d’un monde où ils trouveraient enfin leur place.
Gaëlle Josse reçoit le 12 juin 2018 le prix de l’Office des Bibliothèques

Pourquoi  “Un été à quatre mains” de Gaëlle Josse est un livre à lire ?

 

Parce que c’est poser le pied dans une résidence d’été hongroise et rien que cela c’est déjà dépaysant.

Et puis, c’est entrer par l’entremise de la plume de Gaëlle Josse, dans les pensées du compositeur Franz Schubert qui malgré son génie et par faute de sa simplicité et humilité, peine tant à trouver sa place.

 

Mon avis

 

Qui mieux que Gaelle Josse pouvait conter l’amour impossible entre Franz Schubert et Caroline, cette jeune comtesse dont il est le professeur de musique en cet été 1823

Un Franz accablé par une gloire qui ne vient jamais, écrasé par son maître qu’il n’osera pas approcher car “qui peut encore faire quelque chose après Beethoven ?”, par son absence de talent pour les relations sociales et les négociations sur ses œuvres, mal à l’aise avec son corps et lui-même, maladroit, emprunté, désargenté et sans domicile fixe depuis que ses parents l’ont chassé pour avoir démissionné de ce poste d’instituteur honni que lui avait imposé son père. Et pour finir la maladie, cette redoutable syphilis, qui lui a été inoculé pour quelques fiévreuses étreintes avec Pepi, les femmes sont si rares dans la vie de Franz…

La seule richesse de Franz ce sont ses amis, le vin, le tabac et les bières partagés gaiement dans les cafés viennois qui le réconfortent. Vienne avec laquelle il entretient un rapport sentimental aigu et la musique. Cette musique qu’il compose sans effort au sortir d’une nuit qui l’inspire, des notes qu’il aligne d’un trait, sans quasiment  une rature sans que l’on sache d’où elle lui vient. Une musique a son image, simple

Mais les choses vont mal pour Franz alors c’est le départ pour la Hongrie et la résidence d’été de hauts aristocrates où il sera le maître de musique des deux jeunes filles comme il le fut 6 ans auparavant. Mais celle-ci ont bien grandi et Franz qui est venu pour gagner un peu d’argent et écrire une symphonie, va voir éclore un autre sentiment en son cœur pour l’une d’entre elle. Ce séjour donnera naissance à un lied “La belle meunière” (pièce musicale courte d’un poème de langue allemande chanté et accompagné par un ou plusieurs instrument de musique)

Cette année 1823 est une année sombre, pas une seule de ses œuvres n’a rencontré le succès escompté, elles ont été refusées, le rêve de célébrité s’éloigne, l’argent manque plus que jamais et ce sont de longs mois a l’hôpital

Il fallait toute la finesse poétique de l’écriture de Gaëlle Josse pour saisir la force et le tourment de ce sentiment qui n’eut jamais la possibilité d’éxister mais hanta l’œuvre de Franz Schubert. Raconter ce qui ne fut pas ailleurs qu’en secret dans les cœurs, imaginer non pas ce qui aurait pu être mais ce qui fut, sans laisser de traces. Conter la difficulté de vivre de Franz, inadapté par nature aux attentes sociales que son génie l’obligeait à remplir et à côtoyer. On réalise combien sa personnalité constituait une entrave à l’épanouissement, au rayonnement de son talent, l’empêchant de franchir le palier qui sépare reconnaissance et célébrité.

Ce que j’aime avec Gaëlle Josse, c’est la fluidité et la sensibilité qui se dégage de ses romans, mais c’est aussi qu’en si peu de pages elle nous en apprenne tant sur ces personnages mal connus. Ce fut déjà le cas en découvrant la photographe Vivian Maier avec “Une femme en contre-jour” mais c’est aussi le cas avec cette lecture. J’ai joué la belle meunière pendant mes années de piano et j’en ai toujours aimé la simplicité et la sensibilité mais j’en ignorais, bien évidemment, totalement l’histoire.

Découvrir qu’elle fait partie d’un cycle de lieder composé de cette manière sur un des poèmes de Wilhelm Muller, est émouvant. j’ai aimé en apprendre plus, savoir que 4 ans plus tard il mettra à nouveau des textes de ce poète en musique et que cela donnera “Voyage d’hiver”. Franz Schubert sera le maître incontesté du lied, il en a écrit plus de 600…

Bilan 

Une lecture douce, fluide et intelligente pour s’évader, idéale pour les vacances ou un week-end à la campagne, du moins c’est comme ça que je l’ai appréhendé ♥♥

 

 

Vous aimez ces lectures où biographie et “interprétation” de l’auteur s’entremêlent ?

 

 

 

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