La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose – Diane Ducret

Roman en partie autobiographique dans lequel l’auteure nous révèle ses drames personnels et comment s’en relever

Thème : Comment apprendre à s’aimer

Diane Ducret - La meilleure façon de marcher est celle du flamand rose 2

Résumé

Enaid (double littéraire de Diane) a été séparée de sa mère très jeune car celle-ci a été jugée inapte à l’élever. C’est une femme de la nuit qui tente elle-même de s’en sortir et son père a d’autres préoccupations que de remplir son propre rôle. Elle est donc adoptée par André et Yvette, un couple d’un certain âge qui, inquiets de la voir devenir un jour une fille perdue comme sa mère, vont s’employer, avec l’œuvre du Bon Dieu et quelques déménagements, de la faire échapper à ce destin. Elle s’apercevra par la suite que cette famille d’accueil, est composée en réalité de ces grands-parents paternels.

A la suite d’une mauvaise chute de cheval à l’adolescence qui lui laisse une cheville cassée, Yvette saisit l’occasion de sa convalescence pour décider qu’il vaut mieux fuir les tentations de Paris pour tenter de sauvegarder son intégrité physique et morale. Direction le pays Basque.. Mais cela n’empêchera pas Enaid de tomber enceinte et d’avorter à 15 ans, ni d’enchaîner les virées nocturnes à San Sébastian pour faire la fête et de tester toutes sortes de substances illicites en compagnie d’activistes d’ETA, ni de se faire tatouer.

“Je ne sais pas quoi faire de ma vie, et puisque rien ni personne d’autre ne la guide que l’esprit de contradiction, j’ai l’impression d’errer”

A Biaritz succède le départ pour Paris pour intégrer Hypokhâgne où elle se sent rapidement dépassée parmi tous ces brillants élèves. Elle rencontre alors Sensei, un beau professeur particulier de nationalité italienne, qui se chargera de lui faire rattraper son retard et finira par lui proposer Rome avec lui pour… le pire. Lui échapper devient alors une question de survie mais une fois sa liberté à nouveau acquise, la dépression la rattrapera.

Finalement alors qu’elle atteint tout juste ses 20 ans, cette fois c’est son corps qui se rappelle à son bon souvenir: l’ancienne cheville cassée s’est infectée et le cartilage a été dévasté. Elle se découvre handicapée, obligée de marcher avec des béquilles en attendant d’être suffisamment âgée pour pouvoir bénéficier d’une prothèse.

“Vous ne marcherez jamais normalement” lui assène le professeur de médecine.

Impossible est un mot qui n’existe pas encore pour Enaid qui va le refuser et se mettre à chercher de par le monde un chirurgien capable de réparer sa jambe défaillante…

 

2 adjectifs qui résument le livre

Drôle : Diane Ducret a autant le sens de la formule que celui de l’autodérision et sait raconter ses mille et uns drames personnels avec distance et un sens de l’humour irrésistible.

Emouvant : La quête de cette mère absente, qui est finalement le fil rouge de ce roman, finit par nous bouleverser.

 

Ce que j’en pense

 

Loi de Murphy : Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal ou plus simplement = loi de l’emmerdement maximum !

Qui a seulement lu (tout comme moi) “L’homme idéal existe : il est québécoissera surpris par ce nouveau roman de Diane Ducret.

A ma décharge je dirais que compte tenu de la couverture “flamantesque “, je m’attendais à un nouvel opus humoristique.

Et bien, non ! Il y a même eu un moment où je n’ai plus su si je devais rire ou pleurer… j’ai même fini par pleurer et renifler d’émotion sous ma couette en refermant le livre. Pardon ! Mais la boite de mouchoirs n’étant mentionnée nulle part et je n’avais pas pris mes dispositions et il est fort désagréable d’être obligée de faire de la prospection en urgence dans ses tiroirs en plein milieu de la nuit. Car oui je lis la nuit, puisque le jour je dois écrire des chroniques et essayer de vivre ma propre vie aussi, parfois … Pensif

Parce que Diane Ducret c’est notre “Forrest Gump” de la littérature sauf qu’à défaut de courir, elle marche comme les flamands roses dans un équilibre à la fois fragile et fascinant, puisqu’il lui permet tout de même d’avancer très loin.

Et cerise sur le gâteau, elle nous le conte de façon réjouissante alors que cette histoire sur la difficulté de s’aimer quand depuis toujours les signes de désamour et les ennuis s’empilent sans discontinuer, est loin d’être drolatique.

Elle appelle d’ailleurs cette loi de l’accablement maximum : loi d’Enaid, du prénom de son héroïne : une version hitchcockienne de la loi de Murphy = Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera encore plus mal que prévule suspens en sus puisque l’emmerdement maximum n’y suffisant pas, on ne sait jamais à quoi s’attendre…

Enaid se fuit ainsi de ville en ville tout le long du roman, dans une quête désespérée de cet amour maternel qui lui a été arraché, jusqu’au moment où elle est rattrapée par la maladie de sa mère absente et doit faire face.

Bref ! On s’attendait à une comédie romantique et c’est presque un roman feel good sauf que son caractère autobiographique lui donne une profondeur que n’ont pas ces derniers.

Car ce que nous apporte Diane Ducret, c’est la preuve qu’il peut nous arriver les pires catastrophes, que l’on peut être accablé par le sort et tout de même réussir à se relever et à marcher. Que les fêlures sont là mais que l’on peut quand même essayer d’être heureux. On marchera peut être imparfaitement, difficilement, de guingois mais cette démarche n’appartiendra qu’à nous seul et ne nous empêchera pas de nous envoler à l’instar du flamand rose.  Et puis,elle nous enseigne que la tournure d’esprit avec laquelle on aborde les événements de la vie est essentielle et permet déjà d’en changer la réalité.

 

Ce que ce livre m’a apporté

J’ai aimé la manière extrêmement positive dont Diane Ducret a rapporté son histoire car on a beau nous faire avaler des citations positives, du feel good à tour de bras, on se rend bien compte qu’au premier coup dur, ça ne suffit plus. Personnellement je ne crois qu’en une seule chose c’est au pouvoir d’identification et au partage d’expérience.

Avoir en tête des témoignages, des exemples de personnes qui ont eu des évènements difficiles à traverser et qui on su en faire quelque chose de positif et pouvoir s’y référer et y puiser la force et des idées pour affronter les siennes est à mon sens la seule chose réellement efficace.

On a  toujours quelque chose à apprendre de quelqu’un qui a surmonté des épreuves. D’abord parce qu’il l’a vraiment vécu et qu’il a cherché des solutions, ce n’est pas que de la théorie. Ensuite parce qu’il est sait dire combien cette route sur laquelle on doit avancer est ardue et douloureuse, qu’il y a des moments d’abandon, des dépressions, des chutes, des erreurs qui se répètent, des événements difficiles et imprévus qui s’amoncèlent, que ça n’a rien d’anormal mais qu’il ne faut pas lâcher et que chaque fois il faudra se relever pour un jour espérer atteindre un mieux.

J’aime aussi le fait que dans une histoire vraie, contrairement à une histoire feel good il n’y ait pas seulement qu’un mauvais départ.  Il y a aussi un chemin très épineux, des arbres qui tombent en travers de la route, des gens qui vous veulent du mal et aucun de ces raccourcis si bien vendus ailleurs… mais au bout du chemin, de son chemin, on marchera peut être un peu bizarrement, de traviole comme un flamand rose mais ce sera notre chemin, notre démarche, notre victoire et notre envol.

C’est aussi l’idée que la première chose à faire pour se sentir mieux, même quand personne n’a été capable de nous montrer de l’affection et que l’on se sent indigne d’être aimé : c’est d’apprendre à s’aimer car personne ne peut le faire mieux que nous-même et ne peut mieux prendre soin de nous aussi bien que nous le ferions.

Finalement le prochain qui se gausse de ma collection de pink flamingo, je lui file entre les mains le livre de Diane Ducret !! Il comprendra peut être mieux la symbolique euphorisante de ces petites bêtes à plumes roses !! Rire

Un chouette roman autobiographique à lire surtout si tu as le moral dans les baskets et si tu penses que ta vie ne pourrait être pire… Car si, en fait elle pourrait encore être pire, mais surtout il y a moyen que tu t’en sortes Clignement d'œil

 

 

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3 thoughts on “La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose – Diane Ducret

    1. Oui j’avais beaucoup ri avec « L’homme idéal existe : il est québécois » et là on retrouve son humour mais sur un sujet plus grave et personnel. C’est très touchant !

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