Illustration pour présenter le livre "une pension en Italie" de Philippe Besson
Lectures,  Roman autobiographique

Philippe Besson – Une pension en Italie

Ce titre en 3 mots :  Autobiographique/ secret de famille/ Bouleversant

 

 

Encore une lecture de Philippe Besson. Eh oui je suis addict !

Je me suis demandée si j’allais pouvoir attendre la sortie poche de “Une pension en Italie”, la réponse est évidemment non.

Ce livre réunit tout ce que j’aime : une histoire de famille et une histoire d’amour assez incroyable, le cadre romanesque et solaire de l’Italie et la sensibilité si particulière de l’auteur pour nous le raconter.

La fin illustre que la vie a bien plus d’imagination que nous, mais je ne vous en dévoilerai pas plus.

 

Résumé de “Une pension en Italie” de Philippe Besson

 

Philippe Besson questionne sa mère, Suzanne, au sujet de Paul Virzan, ce grand-père, professeur d’italien, passionné d’art roman et marié pendant 25 ans à sa grand-mère, qui a brusquement disparu, comme effacé.

Lui- même ne l’a jamais connu et le silence qui entoure sa disparition fait l’objet d’une sorte de pacte implacable.

Aussi malgré les réticences de sa mère, il entreprend sa propre enquête pour reconstruire le cours de l’histoire maternelle.

Il remonte ainsi au cœur d’un été, au cœur des années 1960, alors que ses grands-parents et leurs deux filles séjournaient dans une pension en Toscane pour leurs vacances.

La chaleur, les repas et la beauté des lieux , tout semble concourir à renforcer l’harmonie familiale, jusqu’à l’insolation de Paul.

C’est alors que la rencontre avec Sandro et la fureur d’un désir trop longtemps refoulé vont faire basculer toutes ces vies en l’espace de trois jours.

Personne ne parlera jamais de ce qui s’est passé et le temps transformera ce silence en un lourd secret familial.

Le narrateur tente d’en rassembler les fragments et d’éclairer ce que chacun a dû sacrifier pour préserver les apparences.

 

Une pension en Italie - Philippe Besson

 

Pourquoi lire ce livre

Pour l’atmosphère solaire et sensuelle de l’Italie

La toscane, écrasante de beauté et lumière, semble est le cadre idéal pour que s’y révèle l’irrésistible besoin de vivre pour soi-même.

Pour le suspens intime

Philippe Besson ménage ses effets jusqu’au tout dernier chapitre, celui de la révélation ultime.

Pour le sujet profondément humain

Le roman interroge le prix payé pour ne pas pouvoir être soi mais aussi ce qui nous est transmis à notre insu.

 

Mon avis en quelques lignes

 

J’ai aimé la retenue de Philippe Besson face à son histoire familiale, qu’il raconte avec sa simplicité et sa sensibilité habituelles.

Bien évidemment, le hasard a bien fait les choses, car la beauté de la Toscane et de Sandro intensifie à la fois la violence de ce qui s’est passé dans cette pension et de ce qui ne peut être dit. C’est aussi le lieu parfait pour qu’une histoire d’amour dévastatrice surgisse.

Dans “Une pension en Italie” Philippe Besson tisse des ponts entre présent, passé et crée une véritable attente. On devine assez rapidement le secret, mais l’intérêt réside dans ses conséquences et dans la manière dont cette famille va désormais devoir vivre autour d’un vide en construisant un nouveau récit, socialement acceptable, autour de la “disparition” du grand-père.

La brièveté du roman fluidifie la lecture, mais laisse certains personnages en retrait, notamment Suzanne, la mère de Philippe Besson. Finalement, cela se comprend : elle était très jeune au moment de l’implosion familiale, et il est toujours difficile de s’affranchir de l’histoire qui nous a été racontée, celle qui a orienté notre vie.

Je pense que l’auteur a souhaité conserver le focus sur Paul, son grand-père, et sur ce qui le relie personnellement à lui, à son insu. En remontant le fil de son histoire familiale, il retrouve – tout comme Anne Berest avec l’histoire de son père – des parcours et des similitudes troublantes.

D’ailleurs, Philippe Besson insiste sur la nécessité de dénouer les secrets de famille pour libérer ceux qui suivent. La mort de sa grand-mère a permis d’ouvrir les portes, de sortir les squelettes des placards et de redonner sa juste place à son grand-père.

C’est aussi un roman qui témoigne de la violence exercée envers les personnes homosexuelles, lorsque l’homosexualité était considérée comme une perversion pénalement punissable. Une violence que Philippe Besson a lui aussi connu au moment où il a découvert son attirance pour les garçons. Je suis d’ailleurs toujours autant choquée par cette diabolisation de l’homosexualité.

Les années 1960 semblent si proches de nous, à l’échelle de l’histoire humaine, qu’il est difficile d’imaginer que l’on ait pu être aussi cruel et intolérant.

C’est aussi l’intérêt des histoires et de la lecture : nous rappeler que le monde tel que nous le connaissons n’a pas toujours existé et que certains droits demeurent fragiles, notamment ceux des minorités, quelles qu’elles soient.

Mais c’est aussi un roman sur le prix à payer pour être soi lorsque ce “soi” n’est pas considéré, au sein de la société, comme moralement acceptable  Connaissant la difficulté que chacun rencontre pour se connaître véritablement et vivre en accord avec qui il est (et avec ses aspirations profondes), on ne peut que saluer le courage extraordinaire dont a fait preuve cet homme, ainsi que le prix qu’il a dû payer.

 

Si j’ai un conseil à te donner, en ce jour particulier où la vie s’ouvre devant toi, où l’avenir t’appartient, c’est : sois toi-même, ne triche pas, ne t’oblige pas à faire ce qu’on attend de toi pour plaire aux autres, emprunte ton propre chemin, va au bout de tes envies, sinon c’est elles qui viendront à bout de toi.

 

Philippe Besson - Une pension en Italie

 

J’aurais voulu rester davantage auprès des personnages. Il m’a été très difficile d’accepter que ce roman s’achève si vite. Ahaha j’aimerais tellement que Philippe Besson écrive des sagas pour pouvoir rester plus longtemps dans ses livres.

Le livre touche néanmoins par sa simplicité et sa délicatesse. C’est un roman sensuel, profondément humain, lumineux et mélancolique à la fois, sans jamais se révéler écrasant.

Je crois que, dans mon palmarès, il vient directement derrière “Arrête avec tes mensonges”. C’est dire !

Bref, à lire de toute urgence ! Ce roman m’a tellement touchée que je l’ai offert à mon meilleur ami. C’est en train de devenir une habitude entre nous !

Quant à moi, je poursuis avec “Paris – Briançon” de l’auteur, j’avais trop envie de rester en sa compagnie.

 

À qui conseiller ce livre ?

  • À ceux qui aiment les histoires de secrets de famille et les amours empêchés, et l’Italie
  • Aux lecteurs intéressés par la psychogénéalogie et le poids de ce qui nous est transmis par les générations précédentes.

 

Quelques mots sur l’auteur

 

Auteur écrivain Philippe Besson - 112

Philippe Besson est l’une des grandes voix de la littérature française contemporaine.

À travers une écriture sobre et profondément sensible, il explore les secrets de famille, les amours contrariées, les regrets et la quête d’identité.

Si vous aimez les romans intimistes, ses livres devraient vous toucher.

 

A lire aussi – idées lecture

Vous souhaitez poursuivre votre réflexion ? Je vous recommande :

 

  • Arrête avec tes mensonges Philippe Besson – Le roman le plus personnel de Philippe Besson, une bouleversante histoire d’amour qui éclaire toute son œuvre. Mon avis sur “Arrête avec tes mensongespourrait vous aider à choisir votre prochaine lecture.
  • Sur la route de Madison Robert James Waller  : Une inoubliable histoire d’amour trop brève, où les choix de toute une vie se jouent en quelques jours.
  • Finistère – Anne Berest : Une autre enquête familiale pleine de sensibilité sur l’histoire du père et du grand-père, révélant des similitudes troublantes dans les parcours de vie. Vous pouvez également découvrir mon avis sur “Finistère”.

 

☆☆☆

couverture d'une pension en Italie de Philippe Besson

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FAQ – Une pension en Italie – Philippe Besson

 

✨De quoi parle “Une pension en Italie” ?

Le roman raconte l’enquête de Philippe Besson sur un secret familial noué pendant les vacances toscanes de ses grands-parents, au milieu des années 1960.

✨Ce roman est-il autobiographique ?

Si l’auteur garde la liberté de broder sur les blancs de son histoire, celle-ci est néanmoins celle de son grand-père et de l’enquête qu’il a personnellement mené.

✨Peut-on lire ce roman sans connaître l’œuvre de Philippe Besson ?
Oui. L’histoire est indépendante et constitue une bonne porte d’entrée dans son univers : écriture sobre, désir empêché, absence et mémoire familiale.

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