Nous rêvions juste de liberté- Henri Loevenbruck

Roman dramatique d’un road trip initiatique d’une bande de jeunes devenus bikers et qui entendent bien vivre libres. Mais la liberté à quel prix ?

Thèmes : amitié, passion, road-trip, motos, clan, bande, bikers, liberté, MC.

 

 

Nous rêvions juste de liberté - Henri Loevenb

 

Nous rêvions juste de liberté – Henri Lœvenbruck

 

 

Résumé de l’éditeur

« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.
Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure.

 

2 adjectifs qui résument le livre

 

Fraternel : Comment une bande de jeunes garçons un peu paumés, dans une petite ville étouffante, finissent par former un clan de “frères” lié par des rêves, des idéaux de vie et de loyauté et va finir par prendre le large pour assouvir leur besoin de liberté.

Ébouriffant : Comme peut l’être la liberté, le souffle du vent dans les cheveux, ou cette manière de raconter une histoire qui nous retourne au moment où l’on s’y attend le moins.

 

 

Ce que j’en pense

Qu’avez-vous fait de vos rêves d’adolescence ? De cette liberté que vous vous étiez juré de ne jamais vous laisser voler, de tous ces rêves inaccomplis ?

C’est de cela dont parle ce roman d’Henri Loevenbruck : de cette liberté que l’on a perdu et que l’on passe le reste de sa vie à essayer de retrouver.

 

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abimer comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches « pour son bien »..J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour règlementer encore un peu plus toutes nos petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins.

C’est certainement son roman le plus personnel. 16 romans écrits, plutôt des polars et puis, tout d’un coup, il publie celui-ci. Il dira qu’il met habituellement une année pour se documenter avant d’écrire une histoire. Pour celui-ci, il lui aura fallu 40 ans. Une vie, la sienne, puisqu’il est lui même biker et que ce roman est, sans aucun doute, celui qui lui ressemble le plus. Mais c’est aussi celui qui nous parle de façon universelle car il trouve un écho particulier en nous.

On est clairement dans la lignée du roman de J.Kerouac “Sur la route”, d’ailleurs la filiation est clairement établie par Bohem :

A l’époque, je crois bien que c’était la première fois que je croisais un type qui lisait plus de bouquins que moi, et c’est pas peu dire. On gardait ça pour nous, comme un truc un peu honteux, mais, ma parole, quand on était tout seuls, en cachette, on pouvait causer bouquins pendant des heures. Il me parlait de Jack London, de Kerouac, de Salinger, ou de Steinbeck, et si les autres nous avaient vus, ils se seraient bien foutu de notre poire. Alex, il connaissait toujours des trucs dont j’avais jamais entendu parler, il me faisait découvrir des auteurs qui savaient mettre tout plein de mots qui coupaient dans mon ventre, et alors ça faisait du bien de saigner un peu

La bande de potes qui vit tout ce qui lui arrive avec l’exaltation propre à son âge, qui partage les mêmes rêves, la même insoumission, le refus d’une petite vie étriquée et des règles mais qui pense qu’on ne pourra jamais leur enlever.

Une claque ce bouquin ! Une ode à la vie nomade, à l’amitié, à la loyauté, aux bécanes et surtout à la liberté ! Une plongée dans le monde très fermé des MC (motos club) dont on découvre les lois et les codes.

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de cette histoire, ce serait certainement combien la passion est fédérative, enrichissante, permet de s’éclater et aussi combien la transformation en business transforme, non seulement les relations entre les potes de la bande de Bohem, mais également ceux-ci. L’idéal n’est plus la liberté de fuir, l’absence de contraintes mais l’argent et toutes ses compromissions, se stabiliser devient un nouvel “idéal” pour lequel on est capable de tout “brûler”, de se trahir et plus grave, de trahir les autres. Avec l’éternelle question : Comment est-on arrivé là ?

Ce road trip, presque désespéré, de ces jeunes en quête d’eux-mêmes (et de repères) qui cherchent à échapper à une vie qui ne leur convient pas, au manque d’amour, à une petite ville étouffante et médiocre de Providence où chacun s’épie et qui découvrent dans la moto et l’asphalte un moyen d’accéder à la liberté est inoubliable.

Parce qu’en vrai Oscar avait raison, on nageait dans la merde depuis le jour de notre naissance, et il n’y avait pas un seul enfoiré pour nous jeter une bouée de sauvetage, et c’était fatigant, à force, de faire semblant de croire encore à quelque chose.

Car la liberté est quand même le maître mot de ce roman. Combien d’entre vous ne sont pas déjà happé rien que par ce qu’évoque le titre ? Ce que ça rappelle des rêves de son adolescence et du peu qu’il en reste…

On ne comprend jamais aussi bien le sens du mot liberté que quand on l’a perdue

Cette bande de jeunes réalise subitement qu’ils n’ont rien à perdre, que la liberté elle ne s’espère pas, elle se prend. Leur road trip devient alors le passeport pour celle-ci.

La liberté, il y en a partout. Il faut juste avoir le courage de la prendre.

A cette occasion, j’ai découvert un auteur absolument incroyable, musicien, lettré, journaliste, qui a exercé un nombre incroyable de métiers et pour lequel la liberté de faire ce qui lui plait doit être central dans sa vie, ce qui explique certainement le rythme et l’univers complètement crédible et extrêmement documenté de ce livre sur le milieu des bikers puisqu’il l’est lui-même.

 

La liberté, la fraternité, la loyauté, des idéaux qui les soudent et qui, peu à peu, vont perdre de leur force … je vous laisse le découvrir avec une petite mention pour la fin du livre qui non seulement est bouleversante mais aussi complètement inattendue ! Non, non, il ne sera rien spoilé ! En tout cas, impossible d’oublier Bohem (Hugo), Freddy, Sam, Alex, Oscar et les autres !

Si vous succombez à ma chronique, j’espère bien que vous reviendrez me partager votre enthousiasme après l’avoir lu ! Winking smile

Bilan : Livre à lire si vous regrettez vos rêves d’adolescent, si vous rêvez d’un road trip ou de liberté. Enorme coup de cœur ! MUST READ ! ♥♥♥ 

 

 

 

 

 

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1 thought on “Nous rêvions juste de liberté- Henri Loevenbruck

  1. Merci Emma !
    J avais réussi à presque l oublier mais avec une telle chronique je vais en revee jusqu’à ce que que céde a mes caprices .
    La liberté , comme tu le dis si bien, devient vite inaccessible en vieillissant et en prenant nos engagements au fur et à mesure.
    Je ne désespère pas de la retrouver un jour, peut être pas avec une moto .

    Merci

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