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Mood

Journal de confinement #jour 6

Cher Coronavirus,

Il faut que je te dise merci ! Grâce à toi je me reconnecte à moi-même…

J’en ai des choses à te dire ! Mais vu que tu as décidé de t’installer durablement parmi nous, j’imagine que nous aurons l’occasion de nous écrire souvent pour en parler, avant que tu ne te décides à faire tes valises !

Comme tous les êtres indésirables qui veulent malgré tout faire leur place, tu as bien compris qu’il ne suffisait pas pour se faire accepter, de s’accrocher à nos basques (ou à nos malheureux poumons), mais qu’il fallait se rendre IN-DIS-PEN-SA-BLE !

Et je crois bien que tu as réussi ! A vrai dire je commence même à ne plus imaginer ma vie sans toi (bon sauf s’il te vient la mauvaise idée de venir squatter à l’intérieur de moi !)

Bien sûr au départ quand je t’ai vu débarquer, j’ai fait comme les autres : je t’ai superbement ignoré, genre “C’est qui celui-là ?!! Coronavirus ? Et ce n’est même pas une marque de bière !!” Oui bon, c’est vrai que tu es un peu un spécialiste de la mise en bière mais avec toi la fête est moins fun, donc on ne va pas se mentir, tu n’avais pas forcément des arguments propres à te faire gagner des points !

Et puis, il y a eu ce lundi 16 mars et la décision de nous obliger à garder la maison, à cause ou grâce à toi. La nuance est subtile mais d’importance ! Car bien sûr j’ai commencé par râler sur ma liberté estropiée, rognée et puis je me suis souvenue de mes lointaines années d’adolescence. Quand venait l’heure des grandes vacances et que l’on se retrouvait en tête à tête avec nos parents, ce qui s’apparentait à la pire chose qui pouvait nous arriver, hormis celle de continuer d’aller à l’école.

La seule option pour supporter cette cohabitation H24 étant de nous enfermer dans notre chambre. Que d’heures et d’aventures enchantées entre ces murs ! On pouvait mettre la musique toute la journée, on avait les livres, des films et j’étais l’héroïne incontestée de toutes mes rêveries. Et puis on s’imaginait que ces deux mois nous permettrait de métamorphoser le vilain petit crapaud que nous étions, en belle princesse, sans l’aide d’aucun prince charmant ! C’était inespéré ! On pillait la penderie et le make-up de maman pour des “looks-of-the-day” mémorables, tout comme le flacon d’autobronzant nous autorisait des essais de mines resplendissantes à taches, façon léopard des villes, que nous étions heureuses, ma sœur et moi, de ne pas avoir à exhiber à l’extérieur.

Alors quel bonheur aujourd’hui que de faire le chemin inverse et de pouvoir traîner en vieux survêt et cheveux gras TOUTE la journée sans craindre la moindre visite inopinée. Même les témoins de Jéhovah ont dû capituler devant le Covid_19 ! Pas le moindre coup de sonnette !

Je suis en plein processus de transformation : la belle princesse mue à nouveau en crapaud et j’avoue que c’est le kiff total ! Je pense que l’on peut considérer que je renoue avec ma vraie nature !

A ce rythme là, je suis curieuse de voir le résultat de cette transformation dans 2 mois…

 

 

 Blog littéraire et lifestyle Emma Perié

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