Une femme en contre-jour -Gaelle Josse

Gaelle Josse - Une femme en contre-jour - Blog littéraire livresalire

Première lecture effectuée dans le cadre de la sélection du prix Relay Voyageurs Lecteurs, ces mémoires fictionnelles de Vivian Maier ont été pour moi l’occasion de découvrir, avec un immense plaisir, à la fois le travail et la vie de cette photographe, mais aussi la plume de Gaëlle Josse que je ne connaissais pas encore.

Thème : Biographie romancée, Vivian Maier, photographie, artiste, solitude, photographe, New-York, enfance difficile.

 

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UNE FEMME EN CONTRE-JOUR – Gaelle Josse

 

 

Résumé de l’éditeur

 

« « Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants. Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos. Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille. Son œuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard – une histoire digne des meilleurs romans – dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meubles de la banlieue de Chicago. Vivian Maier venait alors de décéder, à quatre-vingt-trois ans, dans le plus grand anonymat. Elle n’aura pas connu la célébrité, ni l’engouement planétaire qui accompagne aujourd’hui son travail d’artiste. Une vie de solitude, de pauvreté, de lourds secrets familiaux et d’épreuves ; une personnalité complexe et parfois déroutante, un destin qui s’écrit entre la France et l’Amérique. L’histoire d’une femme libre, d’une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts. Je vais vous dire cette vie-là, et aussi tout ce qui me relie à elle, dans une troublante correspondance ressentie avec mon travail d’écrivain. » G.J. »

Dix ans après la mort de Vivian Maier, Gaëlle Josse nous livre le roman d’une vie, un portrait d’une rare empathie, d’une rare acuité su ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

 

 

Pourquoi  “Une femme en contre-jour” de Gaëlle Josse est un livre à lire ?

 

Parce que découvrir le destin de cette fabuleuse artiste (il faut voir ses photos !)  pose non seulement l’interrogation de qui était-elle vraiment, mais aussi des raisons pour lesquelles son travail a certainement fini dans des cartons sans être jamais présenté à personne … Comment échapper au sort auquel on se sent destiné quand on vient au monde en tant que femme, dans une famille lourde de secrets, déchirements et mensonges ?

 

Mon avis

J’ai lu cette biographie romancée avec une curiosité certaine. La photographie me fascine, même si je n’ai absolument aucune compétence en la matière, mais la magie de l’instant saisi et notamment l’art du portrait dans ce qu’il a de saisissant me bouleverse. Alors j’étais ravie de découvrir non seulement l’artiste méconnue, passée à la postérité par l’un de ces hasards ironiques dont la vie a le secret, mais aussi la femme.

Car c’est un très bel hommage qu’adresse Gaëlle Josse à celle que la vie n’a pas épargnée. Enfant née dans le Bronx en 1926 de parents émigrés (sa mère était française, son père austro-hongrois), elle grandit entre violence, alcoolisme et séparation, et elle est vite ballotée ici ou ailleurs, ce qui la marquera « au fer rouge » du sceau de l’abandon et du mensonge. Douloureusement éprouvée par une histoire familiale qui se transmet de femme en femme depuis plusieurs générations, elle rencontre heureusement la célèbre photographe Jeanne Bertrand qui va lui transmettre sa passion de la photographie.

 

La photo est déjà au cœur de sa vie. C’est son œil, sa respiration, son toucher, sa façon d’être.

Devenue nurse, elle arpente désormais, sur son temps libre, les rues de la ville avec le premier Rolleiflex qu’elle a pu s’offrir. Elle saisit alors ceux que personne ne regarde, les plus démunis, auxquels elle joint de nombreux autoportraits, témoignant d’un autre New-York, celui des gens ordinaires auquel elle donne un éclat sans pareil.

 

Son travail se focalise sur les visages, le portrait, et sur les exclus, les pauvres, les abandonnés du rêve américain, les travailleurs harassés, les infirmes, les femmes épuisées, les enfants mal débarbouillés, les sans domicile fixe

La plume sensible de l’auteure s’attache à nous retranscrire le plus fidèlement possible sa vision personnelle de cette femme, en n’omettant pas son ambiguïté. Femme solitaire et secrète, elle vécut en invisible avec son seul appareil comme témoin, ne laissant ni notes, ni beaucoup de témoignages de qui elle fut. D’ailleurs les rares témoins n’arrivent pas non plus à se mettre d’accord. Pour certains elle fut une mère de substitution, comme ce fut le cas pour les trois frères Gersburg dont elle s’occupa avec affection pendant 17 ans et qui la découvrant indigente dans la rue la prendront en charge pour ses derniers jours. Pour d’autres, elle se révèle plus complexe, plus ambivalente, car décrite comme à la fois ouverte sur le monde et extrêmement secrète.

Mais certainement que son passé douloureux ne lui a jamais laissé de répit, qu’elle n’a pas su échapper à ses démons, ni transformer son don en une opportunité, peut-être même ne pouvait-elle même pas imaginer que cela fut possible.

 

Elle a l’énergie de ceux qui n’attendent rien, qui n’ont rien reçu en héritage.

Photographier lui permettait peut-être seulement de se raccrocher à quelque chose et de survivre à son chaos intérieur.

La revanche est venue après sa mort, trop tard pour elle mais elle nous lègue une œuvre magnifique et intemporelle.

Une photographe en laquelle l’auteure se retrouve et qui explique peut-être l’empathie particulière et la sensibilité avec laquelle elle a mené sa plume pour écrire cette biographie romancée.

 

Les visages. Je suis, comme Vivian Maier, fascinée, obsédée par les visages.

Peut-être parce que les visages traduisent plus d’émotions que ne savent en dire les mots. J’ai trouvé d’ailleurs très intéressant de rapprocher ce livre de celui d’Olivier Norek “Surface” où la question du visage est aussi au centre d’une histoire mais d’une autre manière.

Je vous mets quelques photos représentatives de son œuvre, mais vous pouvez consulter aussi le site qui lui est dédié : Vivianmaier.com

 

Vivian-Maier-lire la bio romancée - blog littéraire

Vivian Maier - Livre Gaelle Josse - Blog Littéraire

photo_de_rue_Vivian_Maier - Livre Gaelle Josse

Vivian_Maier_autoportrait - blog littéraire

 

Bilan 

Livre à lire pour tous ceux qui aiment les destins contrariés et atypiques, les loosers magnifiques, les histoires douloureuses pleine d’âme et qui n’ont rien contre les biographies romancées.♥♥♥

 

 

Vous aimez les lectures qui retracent des destins cachés et contrariés ?

 

 

Gaëlle Josse - Une femme en contre-jour

 

 

 

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4 Replies to “Une femme en contre-jour -Gaelle Josse”

  1. Tu as titillé ma curiosité sur insta et d avoir lu cette chronique ,tu m as conforté dans mon choix .
    Merci et belle semaine

    1. Coucou Ingrid
      Ahaha ma pauvre ! Tu vas voir tu n’es pas au bout de ta peine ! Toute la sélection du prix Relay est top ! je les ai TOUS aimé !! XD
      Très belle semaine à toi ! ♥

  2. Merci Emma de m’avoir fait découvrir ce livre, et par la même occasion cette photographe, dont les photos que tu montres ici sont déjà très belles, qui a l’air très intéressant!!

    1. Ouiiii !! Et va faire un tour sur son site, ça vaut vraiment le coup, il y a énormément de photos ! 😉 ♥

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