Le mal joli – Emma Becker : mon avis
Ce titre en 3 mots : Passion / Autobiographique / Emouvant
Lire Emma Becker, j’en avais envie depuis longtemps ! Je me suis lancée avec “Le mal Joli”
J’avais lu beaucoup d’avis mais aussi beaucoup de jugements radicaux sur son précédent roman, aussi je ne savais pas trop quoi en penser.
Finalement Emma Becker écrit ce que beaucoup de femmes ressentent sans pouvoir pour autant l’avouer et c’est tellement libérateur!
Vous aurez compris, j’ai aimé ce livre, et je suis prête à lire tous les autres.
Sommaire
☆ Résumé de “Le mal Joli” de Emma Becker
Une femme aime. Elle aime passionnément un homme qui n’est pas celui avec qui elle a construit une famille.
Elle aime aussi ses enfants, sa maison, sa vie déjà là.
Et entre les deux, il y a l’écriture. Ce métier étrange, dévorant, qui exige tout et ne promet rien.
Dans « Le mal joli », Emma Becker raconte ce tiraillement intime : la naissance d’un amour incandescent, la culpabilité qui l’accompagne, les arrangements que l’on fait avec soi-même pour continuer à avancer. Elle dit le désir, l’absence, ce qui fait la vie quotidienne et qui se transforme en empêchements insupportables, la double vie émotionnelle, les silences, les mensonges, le déchirement.
On lit ce livre comme un roman, mais on comprend très vite que tout est vrai, et c’est précisément ce qui rend la lecture si troublante.

☆Pourquoi lire ce livre
✨ Parce que c’est un roman sur la passion sans idéalisation
Ici, l’amour n’est ni héroïque ni rédempteur. Il est beau, vital, mais aussi exigeant, égoïste parfois, bouleversant toujours.
✨ Parce que c’est un livre sur l’écriture et le métier d’écrivain
Ce roman dit très justement ce que signifie écrire, ce drôle de métier que les autres ont du mal à comprendre et qui exige de s’isoler et s’extraire des réalités de la vie quotidienne, ce qui est d’autant plus difficile quand on est une femme, et une mère.
✨ Parce que tout est dit sans fausse pudeur
Emma Becker ne cherche ni à se faire aimer ni à se faire absoudre. Elle raconte, avec une honnêteté radicale, ce qu’elle vit physiquement et intérieurement et en fait de la littérature.

☆ Mon avis en quelques lignes
C’est un roman que j’ai profondément aimé.
Il y a chez Emma Becker quelque chose de profondément fascinant.
Est-ce sa facilité à s’absoudre des conventions pour mener la vie telle qu’elle l’entend ?
On se dit qu’elle assume, qu’elle assure, qu’elle est courageuse et on lui envie sa liberté : celle de vivre et d’écrire.
Finalement je me dis qu’on la rapproche de Colette pour sa liberté sexuelle mais je trouve qu’il y a aussi du Françoise Sagan dans son refus d’être enfermée dans des conventions ou la morale.
Il y a une forme de curiosité de la vie, de l’intime, d’explorer ses propres frontières, parce qu’au fond c’est cela vivre.
Forcément j’ai aimé ce roman parce qu’il parle d’amour, de passion. et parce qu’il est autobiographique et donc vécu.
Il ne s’agit pas de voyeurisme mais ce sont les expériences partagées qui nous aident à mieux vivre nos propres histoires.
Frédéric Beigbeder disait dans un de ses livres qu’il ne comprenait pas comment les gens qui ne lisent pas font pour apprendre à vivre, à aimer, à surmonter leurs chagrins sans la littérature, sans l’aide de toutes ces histoires vécues par d’autres qui nous aident à trouver nos propres chemins dans la vie.
J’ai trouvé que c’était un roman libérateur.
Elle y aborde la passion, celle qui rend votre famille, votre quotidien, insupportables car ils vous obligent à rester éloigné de l’objet de votre désir.
Elle raconte les mensonges, les fuites, son absence organisée, les vacances vécues comme une privation terrible de l’autre et les enfants qui vous rappellent sans cesse que vous êtes une mère et qu’ils ont besoin de vous.
J’ai aimé qu’elle raconte sans fard ce déchirement mais aussi l’envie déraisonnable de se défaire de ses enfants qui la lient à cette famille qui l’éloigne de son amant, car c’est ce que produit la passion.
C’est quelque chose qui n’est jamais dit car les femmes redoutent l’étiquette de mauvaise mère dont on nous gratifie si facilement.
J’ai aussi aimé ce livre car Emma Becker y parle aussi du métier d’écrivaine, ce métier si étrange, si envahissant, qui dévore tout, y compris ceux qu’on aime mais aussi de la difficulté, lorsqu’on est mère et femme, de trouver du temps pour soi et pour écrire.
Emma Becker, c’est cette vie sans fard. Elle écrit comme on se confesse, sans fausse pudeur, sans chercher à se racheter ni à se justifier. On a l’impression de lire un roman, mais elle ne cache rien.
C’est cru, frontal, parfois dérangeant et c’est précisément ce qui rend ce roman si séduisant.
Cette combinaison entre vérité intime, désir, culpabilité et lucidité donne naissance à une littérature vibrante, incarnée, profondément vivante.
En bref : “Le mal joli” est un livre qui dérange parce qu’il dit vrai, et qui marque parce qu’il assume jusqu’au bout ce qu’il raconte.
Une lecture intense, inconfortable parfois, mais terriblement authentique.
Peut-être qu’une partie de moi ne s’est jamais remise du miracle d’être une femme. La façon dont les hommes me regardent m’a donné envie de me regarder. Je me suis aimée. J’ai laissé les hommes faire de moi leur créature, j’ai appris d’eux tout ce que je suis. Ça ne m’a jamais contrecarrée, puisque je leur plaisais. Que je parlais leur langage. On pourrait appeler ça une mentalité d’esclave heureuse, peut-être. C’est assez peu important ; les femmes ne peuvent jamais gagner.
À qui conseiller ce livre ?
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- À celles et ceux qui aiment les romans d’amour complexes, loin des clichés
- Aux lecteurs sensibles aux récits autobiographiques assumés
- À ceux et celles qui s’interrogent sur le désir, la loyauté et la culpabilité
- À celles et ceux qui aiment la littérature qui ne triche pas
☆ Quelques mots sur l’autrice

☆ A lire aussi – idées lecture
- Pour la peau – Emmanuelle Richard : une histoire d’amour passionnée et charnelle dans laquelle l’auteure se perd. Ma chronique est à lire ici.
- Feu – Maria Pourchet : une autre histoire d’amour extra conjugale qui brûle et qui déraille. La chronique sur le blog est à lire ici.
- La Maison – Emma Becker : son roman autobiographique sur les maisons closes et le désir féminin, qui la fit connaitre du grand public.
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Avez-vous déjà lu Emma Becker ?


